Comme le MELKITZEDEK “hébraïque” (HOMME VERT), la tradition islamique parle elle aussi de l’HOMME VERT: AL-KIDR.
Al-Khidr est mentionné dans le Coran à la Sourate 18 “Al-Khaf“, à partir du verset 65, et jusqu’au verset 82. Ces versets, mentionnent la rencontre entre “L”homme vert“ et le prophète Moïse.
Le
récit prouve qu’Al-Khidr a une connaissance que lui seul possède, car
il est amené par Dieu à faire des actes d’apparence répréhensibles ou
incorrects, et dont la signification profonde échappe entièrement à
Moise.
Qui est réellement l’homme vert ?
Boukhari rapporte dans le Livre des Prophètes que le Prophète Muhammad a dit, “Al-Khidr
(” l’Homme Vert “) a été ainsi nommé parce qu’il s’était assis une fois
sur une terre blanche et stérile, qui par la suite devint luxueusement
verte à cause de la végétation.”
Al-Kidr
serait un “envoyé de Dieu”, un ange Malak selon certains. Il aurait
pris forme humaine comme tout ange une fois sur terre. C’est
également pour ces mêmes raisons qu’il commet les actes qui sont décrits
comme immoraux par Moïse avec sang froid et sans éprouver la moindre
émotion. Il obéit uniquement à Dieu. Son statut d’Ange
expliquerait également le fait qu’il n’est pas limité à un espace-temps
précis, et que sa voix ait été entendue pendant la maladie du prophète
Muhammad dans la maison de ce dernier, bien des siècles après sa
rencontre avec Moise.
Une autre explication toute
ésotérique est qu’Al Khidr au moment de rencontrer Moïse, possède un tel
degré de connaissance des mystères et de « réalisation spirituelle »
qu’il dépasse toutes notions « dualisantes » du bien est du mal, se
tenant à un point de vue purement « métaphysique », au-delà même du «
religieux ». Autrement dit, ce degré de connaissance acquis par Al
khidr, que la nature prophétique de Moise ne put saisir au moment «
décisif » tire la légitimité de ses actions non d’un état intérimaire
mais directement à partir de l’ « unité suprême » qui régit toute chose
et avec laquelle il fusionne totalement.
Ce degré
spirituel symbolisé dans l’ésotérisme islamique par le cheminement
intérieur parcourut par l’initié al murid -qui franchit et grimpe les «
état spirituels » dans un ordre bien défini jusqu’à aboutir au stade
totalisant de l’ « homme universel » de Ibn Arabi (Al insan al kamil)-
n’est pas à la porté de tout être ordinaire. Il ne s’acquiert pas
seulement par la volonté de l’homme mais se manifeste chez chacun
suivant sa propre « nature effective », les dispositions spirituelles
innées en lui et suivant l’effort personnel que ce dernier est disposé à
fournir pour arriver à ce sommet des « hiérarchies spirituelles » et à
cet ultime stade de connaissance pure du divin.
Al-Khidr (Le verdoyant) dans les autres traditions :
Le
personnage d’Al-Khidr ou le verdoyant n’est pas présent uniquement en
Islam mais de façon directe ou indirecte dans presque toutes les
traditions de l’humanité ; une vieille tradition hindoue en fait
également référence au point que chaque année on célèbre une fête en son
honneur. Selon M. Garcin de Tassy, cette fête aurait lieu au mois de
Bhadoun, le « dernier de la saison des pluies », et serait surnommée Khadja Khizr.
Il est à signaler que certains adeptes de la théorie cyclique des âges, soutiennent l’idée selon laquelle Al-Khidr est un personnage intemporel,
qu’il serait le garant de la science divine depuis des milliers
d’années jusqu’à la fin des temps. Certains hadiths du prophète peuvent
corroborer ces propos dans la mesure ou ils font d’Al-Khidr un
personnage contemporain de Dhû-’l Qarnayn, qu’il accompagna dans son
périple vers la terre du nord à la recherche de la source de vie. Si
Dhû-’l Qarnayn ne pu boire de cette source miraculeuse, Al-Khidr le fit,
ce qui expliquerait ses apparitions multiples dans l’histoire de l’humanité à différentes époques et divers endroits.
Cette
« Source de la vie » quant à elle, est bel et bien mentionnée par le
prophète dans un hadith authentique rapporté par Al-Bukhârî (version
citée dans le Livre du Tafsîr).
Cependant, ce qui est
mentionné dans ce hadith, c’est que cette source se trouvait près du
rocher auprès duquel, selon le récit de la sourate Al-Kahf, Moïse et son
serviteur se reposaient pendant leur voyage à la rencontre de
Al-Khidhr.
Ce hadith ne dit pas que des gouttes de cette
source auraient touché Al-Khidr, mais qu’elles ont en revanche touché
le poisson mort que Moïse et son serviteur transportaient avec eux pour
le consommer, et que c’est ainsi que celui-ci a été ramené à la vie et
qu’il a ensuite glissé vers la mer. Mais à pousser l’analyse plus loin,
il est curieux de voir que dans cette sourate unique en son genre, il
soit fait mention en même temps de cette source de vie et du personnage
mystérieux d’Al-Khidr, et si le Coran ne pousse pas le parallèle
jusqu’au bout, certains commentateurs de la tradition l’ont fort bien
supposé.
En partant donc de l’hypothèse selon
laquelle le verdoyant aurait bu de la source de la longévité, les récits
intemporels à son sujet deviennent plus que logiques. Moise ne serait
donc plus le seul à l’avoir rencontré et d’autres prophètes ou saints
avant ou après lui peuvent également avoir croisés le chemin d’Al-
Khidr. Mohyi-din Ibn Arabi affirme dans un de ses ouvrages qu’Al khidr
ne se contente pas de simples manifestations sporadiques au cours de
l’histoire de l’humanité notamment auprès des saints (awliya’ allah)
auxquels nous avons fait allusion plus haut, mais que ce dernier joue un
rôle majeur dans la hiérarchie invisible établie par Dieu et qui sans
laquelle le monde manifeste ne subsisterait pas. Certains considèrent
même qu’il est à la tête d’une voie spirituelle (tariqa) des plus “suprêmes”, celle des afrâd (Michel Chodkiewicz - Le Sceau des Saints)
KHEMXNUM

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