dimanche 30 novembre 2025

LE TRONE DU 13ème GUERRIER

                                                                                        


                                                                               
 
LE TRÔNE DU 13ème GUERRIER
Cher Ignus, je tenais à te remercier pour ton courrier. Tu fais preuve de beaucoup de perspicacité, et je sens que ton chemin se dessine avec des contours bien plus nets qu’auparavant. Que les Forces te gardent Je t’envoie également quelques éléments d’éclaircissements sur moi cette fois, car je sais dans le passé je n’ai pas souvent été très bavard.
Je voudrais soumettre à ta perspicacité quelques faits :
A) Il est difficile dans la voie de l’héroïsme de savoir si l’on est prêt à
« s’asseoir sur le 13ème trône » comme tu le dis de manière imagée. Mais le travail d’approche du 13ème trône je le reconnais avec toi est très difficile, sinon périlleux. Non pas dans ce que tu sembles identifier à l’orgueil, l’orgueil dont tu parles peux retarder tout au plus le mage ou le faire déchoir, mais il ne provoque pas l’annihilation suprême. « L’orgueil suprême » est une métaphore, c’est l’attitude du guerrier pour lequel, la création divine étant une œuvre inachevée, sa propre quête est une œuvre de CRÉATION.
Dieu est à l’origine de 2 créations, le héros sur la voie occulte est le maître de la 3ème création, sa propre création : celle du corps igné par l’attraction et l’incorporation volontaire de la lumière incréée, qui confère l’immortalité.
La création de ce que les Grecs appelaient l’Augoeides ne peut se faire que si l’on est maître du treizième arcane et que l’on est devenu selon ton expression le 13èmeguerrier. La maîtrise du 13ème arcane se fait dans les douleurs les plus atroces (je l’ai appris et je continue à l’apprendre dans la douleur et d’atroces souffrances). La grande leçon est que l’épée qui est donnée cause la destruction de tout ce à quoi notre âme terrestre est susceptible de s’accrocher, jusqu’à ce que douleur et plaisir soient considérés comme étant d’égale importance, et tous deux dépassés en tant que chaînes liant l’âme et l’esprit.
Un réalisé a dit : « Une chaîne qu’elle soit d’or ou d’argent reste une chaîne, une entrave. Le plaisir est une chaîne en or, la douleur, une chaîne en argent, le sage se débarrasse des deux ».
Il a fallu que je perde tout ce à quoi mon âme avide de sensations aspirait, pour comprendre la leçon du 13èmearcane. Bref je sais ce que c’est que se rendre compte que la vie ne nous appartient pas, elle nous est prêtée. C’est pourquoi tu perçois ma proximité de l’abyme. Il est bon pour toi de t’être éloigné de cette voie, car certaines visions y sont insupportables, le suicide guette, et très souvent j’ai été tenté de pactiser avec l’ADVERSAIRE et ses Barons afin de jouir paisiblement des fruits empoisonnés de la terre (cette technique n’est pas aussi simple que certains le pensent).
Près de l’abyme, le néant et l’Être sont l’envers et l’avers de la même chose. Si le travail de retournement énergétique n’a pas été accompli en yesod, et si l’épée de Mars n’a pas été celle du discernement, mais celle du pouvoir, le mage n’est pas à l’abri de la déchéance.
Mais sur la voie héroïque, près de l’abyme, aucun cri émanant de notre « âme personnelle » ne peut atteindre la divinité. La pauvreté en esprit et la solitude doivent être expérimentées, afin d’extirper la racine du désir, mais aussi d’empêcher toute emprise du mal sur l’être pendant sa progression.
C’est pourquoi dans un des poèmes que je t’avais envoyés, je t’ai parlé du désert et de l’aridité du sentier, car douleur et plaisir doivent être vaincus, la mort doit avoir été côtoyée ainsi que toutes les paires d’opposés.
L’aide de Dieu n’est d’aucun secours, car ce n’est pas contre l’Adversaire (Satan) que nous luttons, mais contre notre pire ennemi, NOUS MÊME. Si Dieu peut écarter de nous sa propre création (Satan), il nous appartient d’écarter de nous ce que nous avons nous-même crée pendant des vies et des vies, nos démons intérieurs, et aucune divinité ne peut faire ce travail à notre place!
Mais, il arrive que dans ce désert des lueurs émanant du sommet arrivent comme un baume sur l’âme harassée, afin de panser les plaies et arrêter momentanément le « sang qui coule du cœur » fatigué du pèlerin, mais avant que l’âme ne puisse émettre le son qui le reliera à la transcendance, les voix en lui doivent être éteintes, afin que seule la Voix sans parole puisse articuler la prière à la divinité, une voix qui ne parle que dans le silence qui survient après la tempête.
GLOIRE AU PÈRE CÉLESTE
 
KHEMXNUM 

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