jeudi 12 février 2026

LA CHAOS MAGICK ET SES RELATIONS PÉRIPHÉRIQUES AVEC LA MAGIE : PROCÈS EN INVALIDATION DE LA CHAOS MAGICK PARTIE II

 

 


 Comme promis je vais m’atteler à poursuivre la discussion sous l'angle des « relations périphériques » qu’entretient la « magie du Chaos » avec les systèmes magiques préexistants.

Parler de périphérie c’est déjà énoncer une évidence que récusera tout praticien de la « magie de Chaos », et qui nous place en plein dans le procès d’invalidation de la « magie du Chaos » en tant que méthode de dépassement du socle magie tel qu'il nous est aujourd'hui connu.
Les praticiens de la « magie du Chaos » s’évertuent à nous la présenter comme un non-système, et ce serait là justement sa spécificité. Or que constatons nous ?

La « magie du Chaos » est née sous le signe de la dualité. Cette dualité c’est sa perpétuelle oscillation (tension) entre la tentation de se constituer en "système" (clos) et celle de se poser et d’agir comme un "non-système".

La difficulté à trancher entre ces deux aspirations (prétention à renier toute forme de développement de pratiques chaoticiennes sous la forme d’un système, et la « fatalité » qui semble l’attirer en définitive à épouser les formes d’un système comme on le voit avec l'extension de l'O.I.T : Ordre des Illuminés de Thanateros) constitue sa « malédiction initiale », sa maladie infantile. C’est l’éternel Icare présumant de ses forces et aspirant à défier les dieux (les formes traditionnelles), qui finit par se brûler pour avoir volé trop près du Soleil (prétentions de la magie du Chaos).
Les mages du Chaos ont essayé de résoudre cette tension au travers de l’acclimatation de deux tendances fortes : EROS et THANATHOS.

Eros est la tendance qui les pousse à épouser les formes traditionnelles. Au travers de cette démarche, tel Eros, le Chaote expérimente l’attraction, l’attirance vers ce qu'il déteste (l'entropie propre à toute démarche systémique). Cette tendance est double : elle est AMOUR-RÉPULSION. Il « déteste » se fondre dans un système, mais il embrasse tout de même la discipline imposée par les systèmes préexistants pour avoir un pied dans l’occulte.

La répulsion c’est qu’il ne peut se départir de l’idée que la soumission même partielle à un système condamne l’expression du Souffle du Dragon en lui.

Certains veulent faire croire que cette préoccupation serait le fondement même de la magie du Chaos. Ils oublient que tous les véritables chercheurs (de quelque bords qu’ils soient : RHP ou LHP) ont à cœur de garder intact le Souffle du Dragon. Ils oublient que le Christ (qui n’est pas Chaote) n’a rien écrit, que son enseignement était oral justement parce que comme lui, les maîtres authentiques pensent que tout enseignement systématisé édifié sous la forme d'un système codifié, écrit, est un enseignement mort, stratifié, sans aucun SOUFFLE.
Et cette pesanteur de la mystique ils l’évitent à tout prix.

La périphérie suppose l’existence d’un centre à partir duquel se déploie la « substance » d’un système magique.

Existe-t-il un « centre » autonome permettant de fonder une « magie du Chaos » ? En réalité non, à moins de tomber dans la deuxième tendance : celle de THANATHOS.

Un curieux paradoxe apparaît alors : après s’être évertués à nous démontrer que la magie du Chaos était un quelque chose d’à part, un non-système, certains chaoticiens reviennent aux bons vieux schémas qu’ils condamnaient auparavant : ils nous présentent la MAGIE DU CHAOS STRUCTURÉE EN ORDRE MAGIQUE AVEC GRADES ET CÉRÉMONIES (tel l’IOT).

Cette tendance que prend la magie du Chaos (le retour aux anciens systèmes dénoncés auparavant), est celle de THANATHOS : la forme du dard du scorpion ce qui a fait dire à certains chaoticiens que la « magie du Chaos » était MORTE PRÉMATURÉMENT (voir notamment les commentaires d’Apikorsus).

Pour en revenir à mon interrogation : existe-t-il un centre fondant la magie du Chaos ?

Ce « centre » s’il devait exister, ne devrait son existence qu’à deux éléments :
1-L’affirmation que « RIEN N’EST VRAI, TOUT EST PERMIS ». Cette affirmation est très liée au « saut paradigmatique » comme nous le verrons.

CRITIQUE : Opérer un changement de croyance par un simple claquement de doigts est la principale critique qui est adressée à cette technique. Comme l’écrit Ray Monday (in « Fade to Grey : Chaos and Mediocrity ») : « L’accent que certains de ses tenants (de la Chaos Magick) ont mis sur le « saut de croyance », ou le terme mal placé de « saut de paradigme », mène à une situation où les pratiquants croient qu’ils peuvent adopter un système magique et l’utiliser temporairement par une connaissance superficielle de ses structures et formulations symboliques. Ceci, en soi, érode le concept de la réalisation magique en tant que résultat de la discipline, de l’étude et de la volonté. En traitant les systèmes magiques comme des « paradigmes » pouvant être adoptés et abandonnés à volonté, la Chaos Magick transfère l’absence totale de profondeur de la culture post-moderne dans l’occulte. En offrant à ses adhérents un accès à une grande variété de systèmes magiques, la Chaos mine la puissance de ces systèmes en encourageant les « magiciens » à acheter et à changer (de système) sans plus de considération qu’ils y mettraient à changer de chaîne de télévision ».

Si le saut de paradigme doit n’être qu’un jeu simpliste visant à essayer des systèmes magiques alors, cela nous semble inutile et vain, et il vaut mieux passer à autre chose.


2-L’existence (et encore une fois malgré les dénégations des magiciens du Chaos) de postulats de base que DOIT accepter tout magicien du Chaos, alors que cette dernière est présentée comme NON DOGMATIQUE : la croyance en l’existence du Chaos sous la figure formulée par la physique quantique. Et c’est encore une fois P. Carroll qui nous fournit le DOGME FONDAMENTAL que DOIT accepter tout magicien du Chaos (Dogme qui en fait un système comme les autres).

Voici comment se présente la démonstration : si Rien n’est vrai et tout est permis, les lois de notre univers doivent correspondre à ce postulat, et c’est l’explication que fournit justement l’étude la physique quantique.
Dans le Liber KAOS, P. Carroll nous dit que la physique quantique nous décrit un univers basé non sur la causalité et le déterminisme, mais sur la probabilité et l’indétermination. Selon cette vision de l’univers (qui produit un paradigme particulier), tout est chaos et l’évolution ne va nulle part en particulier. C’est la pure chance (le pur hasard) qui gouverne l’univers (…) Nous sommes nés accidentellement dans un monde aléatoire, dans lequel très peu est prédéterminé...

P. Carroll, Liber Kaos, P.78.



A partir de ce constat se déploie la « substance » ou plutôt la non-substance de la magie du Chaos, puisque toute la logique de la démarche chaoticienne provient du réexamen de systèmes magiques préexistant à la lumière de ce que le « chaote » considère comme la « vérité du moment ». La collusion (trop grande proximité) avec les disciplines scientifique est une démarche dangereuse, parce que les sciences humaines sont « évolutives », sujettes à des réexamens, sujettes à ce Karl Popper appelait le « processus de falsification ». Or la magie (je parle ici de la magie avant l’avènement de la magie du Chaos) n’obéissait pas au principe de falsification. Il n’est pas exclu que la science découvre un jour un autre paradigme mieux à même d’expliquer le Chaos que la magie quantique. N’oublions pas que le paradigme des praticiens LHP et RHP, bien que basé sur l’existence du Chaos (abyme), ne l’identifie pas à la réalité quantique. Nous avions parlé du CHAMP DE PURE POTENTIALITÉ, et ce champ n’est pas fondé sur la discontinuité, sur le hasard et l’indétermination (mais nous y reviendrons plus tard).

C’est cette démarche de connivence, de réexamen ou de réappropriation de doctrines préexistantes que j’appelle « relations périphériques ».

En réalité sans « systèmes magiques » préexistants il n’y a pas de magie du Chaos, d’où une extrême dépendance (un tribut) de la magie du Chaos vis-à-vis de systèmes qu’elle vitupère avec tant de véhémence, mais qui forment sa sève. En poussant la contradiction plus loin on pourrait dire que le caractère « révolutionnaire » de la magie du Chaos se borne en réalité au fait de donner une « seconde vie » à des systèmes qu’elle qualifie de trop sérieux et parfois même de sclérosés. Question : si un système est sclérosé, pourquoi ne pas en « créer » un « nouveau » ? Pourquoi faire œuvre de « nécromancie magique » en y « puisant » ce qui peut servir à sa démarche ? Et quelle démarche ?

II-LA DÉMARCHE DU SAUT PARADIGMATIQUE :

Pour Peter Carroll, le « saut de paradigmes » est « une technique qui consiste à changer arbitrairement son modèle (ou paradigme) de pensée et de magie ».

« Un chaote adoptera un paradigme aussi longtemps que celui-ci lui convient, et il en changera lorsque ce paradigme ne correspondra plus à sa compréhension des choses, ou pour en utiliser un autre. Par conséquent, un chaote peut-être un chrétien biblolâtre un jour, et wiccan le jour suivant, et ce (s’il le fait correctement), sans aucun problème ou conflit de croyance. L’adhésion est complète, et se doit d’être le résultat d’une recherche sérieuse si l’on cherche à atteindre une forme quelconque de succès » (Psyché, « Saut de Paradigme sur demande »).

La majorité des magiciens de la chaos préfèrent ne pas souscrire à un paradigme magique particulier, ils alternent leurs croyances selon leurs envies et leurs besoins magiques du moment. L’« âme » est alors conçue comme n’étant rien de plus qu’une étincelle de vie dotant les êtres vivants d’une conscience, comme l’écrit Carroll : « Le moi magicke n’a pas de centre, il n’a pas d’unité mais est un assemblage de parties qui peuvent temporairement s’assembler et se nommer elles-mêmes « Je » ».

Cette âme n’a ni qualité intrinsèque, ni personnalité, ni croyance propre. En ce sens, elle peut être « imprégnée » à volonté de telle ou telle couleur philosophique, religieuse, morale ou politique. Il n’y a pas de réalité supérieure pouvant contraindre cette âme à rester engluée dans la gangue dogmatique de tel ou tel paradigme ; la réalité magique, la volonté libre et les besoins prosaïques du moment font qu’il est naturel pour le chaote de s’en défaire, tel le serpent changeant de peau afin de grandir…Ajoutons encore que selon les chaotes, le saut de paradigme est essentiel afin de « tuer les idoles » et de fracasser les barrières de notre culture pour d’accéder à d’autres niveaux de conscience. Il y a sans doute autant de techniques et de modalités de sauts de paradigme que de chaotes. La lecture de Peter Carroll – qui est, comme nous l’avons dit, la source de ce concept dans la Chaos, laisse penser que le saut de paradigme est une démarche évidente, quasi scientifique. Cependant, le problème de la spiritualité n’est pas abordé et nous sommes alors dans un cul-de-sac. En effet, si le magicien passe d’un système de croyances à un autre, comment modifie-t-il sa perception du monde, sa « weltanschauung », son moi ? Puisque, comme l’écrit Carroll « chaque paradigme a une vision différente du « moi », comment le magicien parvient-il a modifié son « moi » afin de se fondre dans le paradigme ainsi ciblé sans obligatoirement « s’incarner » dans ce paradigme ? Selon nous, c’est impossible.

On ne peut revêtir impunément la tunique d’un inquisiteur sans vouloir, automatiquement, brûler l’hérétique qui se trouve dans le miroir devant nous. Une des méthodes utilisées par les chaotes afin de parvenir au saut de paradigme est celle dite du « cut-up » par laquelle on peut se décrocher de nos habitudes mentales induites. En magie, le cut-up peut mener à une interprétation méta-paradigmale du comment l’énergie et la signification des choses qui nous entourent peuvent être manipulées par nos moyens d’expression usuels (écriture, magie, peinture…). La méthode du cut-up consiste à prendre, par exemple, un texte que l’on découpe en phrases ou en mots avant de recombiner ces morceaux afin d’obtenir de nouvelles expressions du texte. C’est là un excellent moyen de briser la fainéantise habituelle que l’on adopte dans la réception d’un texte ou d’une image.

Pour résumer : les chaoticiens au travers du concept de "saut paradigmatique" n'accordent aucune importance à la "croyance" en soi. En fonction de ce concept, ils peuvent de façon temporaire adhérer au paradigme de l'héritage divin de la magie (si ce paradigme peut leur apporter un résultat quelconque) et réfuter demain ce même paradigme pour en épouser un diamétralement opposé si ce dernier devient plus porteur pour eux au moment où ils l'embrassent. Ce qui compte c'est la praxis (résultat que peut apporter la pratique).


Quelqu’un a bien résumé la RÉALITÉ de la démarche (en terme finalistique) de la « magie du Chaos ». Le terme utilisé par l’un des participants PSYCHO-SORCELLERIE nous plonge dans le cœur du débat.


KHEMXNUM

dimanche 1 février 2026

DE LA SAINE ÉMULATION ENTRE DISCIPLES

 



Frater XXX avait introduit une préoccupation fondamentale lors de la rencontre du 14/01/2019 initiée par le GP Demnus sur le thème de la réorganisation de l’OG, cette préoccupation (formulée sous la forme d’un questionnement) portait sur les ravages qu’allaient inévitablement causer au sein de l’OFS-OFM, le « système » construit objectivement par l’Ordre d’émulation existant entre les membres. A cette inquiétude, j’avais répondu que le système d’émulation existait bel et bien comme système construit, et que bien que ses effets se fassent ressentir comme un stratagème de friction destructeur, il s’agissait en réalité de bien autre chose : « il s’agit d’un système de TEST constant qui prend parfois la forme de l’émulation (lorsqu’il est mal compris par les membres) ».

Le système TOUT entier repose sur la culture des 11 qualités du disciple de l’OFS. Comment arriver à discerner si un disciple possède les 11 qualités ? Seule la mise en situation peut nous permettre de le faire.

 

I- LA RÉFLEXION ET LE DISCERNEMENT DES ESPRITS

Tout disciple VÉRITABLE travaille selon deux lignes que rend compte l’expression « discernement des esprits ». Cela signifie qu’il comprend dès le départ qu’il y a une dualité véritable en lui sinon une multitude (légions) d’êtres en « lui » qui « parlent », « agissent » à SA place, à la place de l’Unique qui doit agir. Discerner les « esprits » c’est être à l’écoute et « savoir » « qui » à chaque instant étouffe les « voix » des légions pour s’autoproclamer « maître » dans notre TEMPLE.

Pour le savoir il faut qu’un être extérieur, un « AMI SPIRITUEL » vous mette en situation de « voir » vos « hôtes intérieurs », ceux qui squattent votre Palais depuis des millions d’années. Un de ces hôtes s’appelle « Jalousie », un autre encore plus pernicieux s’appelle « orgueil et suffisance ».

La « jalousie » spirituelle est une réaction insensée, par laquelle on se rend inutilement malheureux, avant de rendre les autres malheureux. La personne jalouse est la première victime de sa propre malice. La personne ou le membre mis en situation afin qu’il puisse « observer » l’hôte » en lui de la jalousie se dévoile par le fait qu’il passe son temps à se comparer à ses frères ou ses sœurs (il se découvre des capacités souvent moins intéressantes que les autres : dépréciation du moi).

Il s’exprime souvent en ces termes : « Moi, je ne réussis à rien », ou « j’ai œuvré pour le groupe, pour l’Ordre et voilà comment JE suis récompensé ! « je » travaille sans cesse sans « résultats apparents »). Dans un groupe spirituel, le disciple jaloux constate avec douleur que « d’autres progressent à grands pas, tandis que lui, piétine sur place ».

La jalousie se fonde sur les mensonges que le disciple se dit d'abord à lui-même et il s'en nourrit. Si d'autres personnes nourrissent par malice ces mensonges par vaine complaisance, sa jalousie s'en trouve d'autant plus fortifiée. La raison pour laquelle cette passion est si difficile à déraciner du cœur, c'est qu'elle s'y attache fermement par un tissu de mensonges, crus comme des vérités absolues.

Pour s’en guérir, il faut accepter de poser un regard vraiment honnête sur soi-même et sur les autres ; il faut accepter de mettre en question ses impressions et ses fausses certitudes.

L’orgueil au contraire produit au sein du disciple une survalorisation de l’ego. L’orgueil est fondé sur le fait que le disciple « sait » qu’il n’est pas n’importe qui : il a une mission…une voix lui souffle intérieurement qu’il a les qualités de l’Elu, mais il est incompris par les autres, ceux là même à qui il accorde sa confiance.

Les faits dans ces deux cas sont mal perçus ou mal interprétés ; pour les saisir dans leur vérité objective, le cœur intérieur de l’élève doit être libéré de tout préjugé et de tout sentiment négatif de méfiance, de crainte exagérée, d’orgueil et de rancune.

Cette pureté de cœur requiert une vigilance continuelle sur ses sentiments et ses pensées. C’est pourquoi lorsque la question de l’acquisition des 11 qualités du disciple est posée, je suis toujours surpris de voir que TOUS les disciples disent les posséder, mais lorsqu’ils sont mis en situation de les démontrer on ne voit plus que colère, jalousie, rancune !

II-L'humilité (corollaire de l’HUMOUR MAGIQUE)

Une âme vraiment humble (qui possède l’HUMOUR MAGIQUE) ne saurait être ni jalouse, ni orgueilleuse. Elle accepte les situations de la vie magique comme des tests lui permettant de manifester ses qualités. C'est l'orgueil qui « nous » fait concevoir le désir d'être préféré aux autres, ou encore d'obtenir le premier rang dans l'estime de quelqu'un en repoussant toute personne rivale. C'est l'orgueil qui nous inspire la crainte lancinante d'être rejeté ou de perdre certains « avantages » que nous pensons posséder ou que nous estimons être en droit de posséder, à l'exclusion des autres. Entre le manque d'estime de soi, qui caractérise les pusillanimes et les déprime, et cette estime exagérée de soi-même qu'est l'orgueil, il y a de la place pour une juste estime de soi-même, fondée avant tout sur la confiance MAGIQUE et sur la certitude d'être aimé des FORCES DE LA NUIT.

GMS