AVERTISSEMENT : ce texte a toujours été présenté dans certains milieux comme un FAUX. Nous ne pouvions donc pas ne pas vous avertir de l'existence de cette thèse qui affirme le caractère non "authentique" de ce texte. Cependant nous vous enjoignons malgré tout à le lire et à constater le caractère très actuel de tout ce qui y est décrit (notamment au travers des développements de l’AFFAIRE EPSTEIN). Peut être pouvons nous aujourd’hui nous pencher objectivement sur le message des protocoles à la lumière de ce que nous avons appris de source officielle sur le "bloc élitaire" de l’hyperclasse qui gouverne ce monde ?
A chacun de se faire son opinion.
GMS
LES PROTOCOLES DES SAGES DE SION
Version de Serge Nilus
Édition de Roger Lambelin (1921)
Le livre expose de façon détaillée les principaux thèmes suivants :
- I : L’Emploi de la
violence et de l’intimidation. Encouragement à l’alcoolisme et à la
corruption pour asservir les non-juifs.
- II : La Prise de
contrôle de la presse et de l’économie.
- III : La Destruction de
la foi en Dieu chez les chrétiens et encouragement à la spéculation pour ruiner
les non-juifs (Goyim).
- IV : L’Instauration d’un
gouvernement juif despotique.
- V : La Ruine de
l’aristocratie par les impôts.
- VI : La Disparition de
la notion de famille chez les non-juifs (Goyim).
- VII: L’Infiltration des loges
maçonniques et utilisation de leur potentiel information.
- VIII : L’Organisation de
coups d’État juifs dans tous les pays et l’organisation de massacres des
non-juifs.
- IX: La Main mise sur
l’enseignement et disparition de la liberté de pensée.
- X : La Destruction du
Vatican et de l’Église Catholique avec l’instauration d’une Église juive
universelle.
Quelques extraits :
CHAPITRE PREMIER
Le droit est dans la force. La Liberté est une Idée. Le Libéralisme. L’or. La Foi. L’autonomie. Le despotisme du capital. L’ennemi intérieur. La foule. L’Anarchie. La politique et la morale. Le droit du plus fort. Le pouvoir juif franc-maçon est invincible. Le but justifie les moyens. La foule est aveugle. L’alphabet politique. Les discordes des partis. La forme de Gouvernement qui conduit le mieux à votre but est l’autocratie. Les liqueurs fortes. Le classicisme. La débauche. Le principe et les règles du Gouvernement Juif et franc-maçon. La terreur. Liberté, Égalité, Fraternité. Le principe du Gouvernement dynastique. Les privilèges de l’aristocratie des chrétiens détruits. La nouvelle aristocratie. Calcul psychologique. Abstraction de la Liberté. Amovibilité des représentants du peuple.
« Abandonnons toute phraséologie ; étudions en elle-même chaque idée, éclairons la situation par des comparaisons et des déductions.
Je vais donc formuler notre système de votre point de vue et du point de vue des chrétiens.
Il faut remarquer que les hommes qui ont de mauvais instincts sont plus nombreux que ceux qui en ont de bons. C’est pourquoi on atteint les meilleurs résultats en gouvernant les hommes par la violence et la terreur, non par les discussions académiques. Chaque homme aspire au pouvoir, chacun voudrait devenir dictateur, s’il le pouvait ; en même temps, il en est peu qui ne soient prêts à sacrifier les biens de tous pour atteindre leur propre bien. Qu’est-ce qui a contenu les bêtes féroces qu’on appelle des hommes ? Qu’est-ce qui les a guidés jusqu’à présent ? Au début de l’ordre social ils se sont soumis à la force brutale et aveugle, plus tard à la loi, qui n’est que la même force, mais masquée. J’en conclus que d’après la loi de nature, le droit est dans la force. La liberté politique est une idée et non un fait. Il faut savoir appliquer cette idée quand il devient nécessaire d’attirer les masses populaires à son parti par l’appât d’une idée, si ce parti a formé le dessein d’écraser le parti qui est au pouvoir. Ce problème devient facile si l’adversaire tient ce pouvoir de l’idée de liberté, de ce qu’on appelle libéralisme, et sacrifie quelque peu de sa puissance pour cette idée. Et voilà où apparaîtra le triomphe de notre théorie : les rênes relâchées du pouvoir sont aussitôt saisies en vertu de la loi de vie par d’autres mains, parce que la force aveugle du peuple ne peut rester un seul jour sans guide, et que le nouveau pouvoir ne fait que prendre la place de l’ancien, affaibli par le libéralisme. De nos jours la puissance de l’or a remplacé le pouvoir des gouvernements libéraux. Il fut un temps où la foi gouvernait. L’idée de la liberté est irréalisable, parce que personne ne sait en user dans une juste mesure. Il suffit de laisser quelque temps le peuple se gouverner lui-même pour que cette autonomie se transforme aussitôt en licence. Dès lors surgissent des dissensions, qui se transforment bien vite en batailles sociales, dans lesquelles les États se consument et où leur grandeur se réduit en cendres. Que l’État s’épuise dans ses propres convulsions ou que ses querelles intestines le réduisent à la merci des ennemis extérieurs, il peut dès lors être considéré comme irrémédiablement perdu : il est en notre pouvoir. Le despotisme du capital, qui est tout entier entre nos mains, lui apparaît comme une planche de salut auquel il est obligé, bon gré mal gré, de se cramponner, sous peine de sombrer.
A celui que son âme libérale porterait à traiter ces raisonnements d’immoraux, je demanderai : si tout État a deux ennemis, et s’il lui est permis d’employer contre l’ennemi extérieur, sans que cela soit considéré comme immoral, tous les moyens de lutte, comme, par exemple, de ne pas lui faire connaître ses plans d’attaque ou de défense, de le surprendre de nuit ou avec des forces supérieures ; pourquoi ces mêmes mesures employées contre un ennemi pire, qui ruinerait l’ordre social et la propriété, seraient elles dites illicites et immorales ?
Un esprit bien fait peut-il espérer mener avec succès les foules par des exhortations sensées ou par la persuasion, quand la voie est ouverte à la contradiction même déraisonnable, pourvu qu’elle paraisse séduisante au peuple qui comprend tout superficiellement ? Les hommes, qu’ils soient de la plèbe ou non, sont guidés exclusivement par leurs petites passions, par leurs superstitions, par leurs usages, par leurs traditions et leurs théories sentimentales : ils sont esclaves de la division des partis qui s’opposent à l’entente la plus raisonnable. Toute décision de la foule dépend d’une majorité de hasard ou, tout au moins, superficielle ; dans son ignorance des secrets politiques, elle prend des résolutions absurdes ; une sorte d’anarchie ruine le gouvernement. La politique n’a rien de commun avec la morale. Le gouvernement qui se laisse guider par la morale, n’est pas politique et par conséquent son pouvoir est fragile. Celui qui veut régner doit recourir à la ruse et à l’hypocrisie. Les grandes qualités populaires – la franchise et l’honnêteté – sont des vices dans la politique parce qu’elles renversent les rois de leurs trônes mieux que l’ennemi le plus puissant. Ces qualités doivent être les attributs des royaumes chrétiens, nous ne devons aucunement les prendre pour guides. Notre but est de posséder la force. Le mot de « droit » est une idée abstraite que rien ne justifie. Ce mot signifie simplement ceci : « Donnez-moi ce que je veux afin que je puisse prouver par là que je suis plus fort que vous. » 0ù commence le droit, où finit-il ?
Dans un État, où le pouvoir est mal organisé, où les lois et le gouvernement sont devenus impersonnels du fait des droits sans nombre que le libéralisme a créés, je vois un nouveau droit de me jeter, de par la loi du plus fort, sur tous les ordres et tous les règlements établis et de les renverser ; de mettre la main sur les lois, de reconstruire toutes les institutions et de devenir le maître de ceux qui nous ont abandonné les droits que leur force leur donnait, qui y ont renoncé volontairement, libéralement…
En raison de la fragilité actuelle de tous les Pouvoirs, notre puissance sera plus durable que toute autre, parce qu’elle sera invincible jusqu’au moment où elle sera si bien enracinée qu’aucune ruse ne pourra plus la ruiner…
Du mal passager que nous sommes obligés maintenant de faire naîtra le bien d’un gouvernement inébranlable, qui rétablira la marche régulière du mécanisme de l’existence nationale, troublé par le libéralisme. Le résultat justifie les moyens. Portons notre attention dans nos projets, moins sur le bon et le moral que sur le nécessaire et l’utile, Nous avons devant nous un plan, dans lequel est exposée stratégiquement la ligne, dont nous ne pouvons nous écarter sans courir les risques de voir détruits les travaux de plusieurs siècles. Pour trouver les moyens qui mènent à ce but, il faut tenir compte de la lâcheté, de l’instabilité, de l’inconstance de la foule, de son incapacité à comprendre et à estimer les conditions de sa propre vie et de sa prospérité. Il faut comprendre que la puissance de la foule est aveugle, insensée, ne raisonne pas, écoute à droite et à gauche. Un aveugle ne peut conduire un aveugle sans le conduire au précipice ; de même les membres de la foule, sortis du peuple, fussent-ils doués d’un esprit génial, faute de rien comprendre à la politique, ne peuvent prétendre la guider sans perdre toute la nation. Seul, un individu préparé dès l’enfance à l’autocratie, peut connaître le langage et la réalité politiques. Un peuple livré à lui-même, c’est-à-dire aux parvenus de son milieu, se ruine par les discordes de partis, qu’excitent la soif du pouvoir, et par les désordres qui en proviennent. Est-il possible aux masses populaires de raisonner tranquillement, sans rivalités intestines, de diriger les affaires du pays qui ne peuvent être confondues avec les intérêts personnels ? Peuvent-elles se défendre contre les ennemis extérieurs ? C’est impossible. Un plan, divisé en autant de têtes qu’il y en a dans la foule, perd son unité ; il devient inintelligible et irréalisable. Il n’y a qu’un autocrate qui puisse élaborer des plans vastes et clairs, donner sa place à toutes choses dans le mécanisme de la machine gouvernementale. Concluons donc qu’un gouvernement utile au pays et capable d’atteindre ce but qu’il se propose, doit être concentré dans les mains d’un seul individu responsable. Sans le despotisme absolu, la civilisation ne peut exister ; elle n’est pas l’œuvre des masses, mais de leur guide, quel qu’il soit. La foule est un barbare qui montre sa barbarie en toute occasion. Aussitôt que la foule prend en mains la liberté, elle la transforme bien vite en anarchie, qui est le plus haut degré de barbarie. Voyez ces animaux ivres d’eau-de-vie, hébétés par le vin, auquel le droit de boire sans limites est donné en même temps que la liberté.
Nous ne pouvons permettre que les nôtres tombent à ce degré… Les peuples chrétiens sont abrutis par les liqueurs fortes ; leur jeunesse est abrutie par les études classiques et par la débauche précoce à laquelle l’ont poussée nos agents – précepteurs, domestiques, gouvernantes – dans les maisons riches, nos commis ailleurs, nos femmes dans les lieux de divertissements des chrétiens. Au nombre de ces dernières, je compte aussi ce qu’on appelle « les femmes du monde » initiatrices volontaires de leur débauche et de leur luxe. Notre mot d’ordre est : la force et l’hypocrisie. Seule la force peut triompher en politique, surtout si elle est cachée dans les talents nécessaires aux hommes d’État. La violence doit être un principe, la ruse et l’hypocrisie une règle pour les gouvernements qui ne veulent pas remettre leur couronne aux mains des agents d’une nouvelle force. Ce mal est l’unique moyen de parvenir au but, le bien. C’est pourquoi nous ne devons pas nous arrêter devant la corruption, la tromperie et la trahison, toutes les fois qu’elles peuvent nous servir à atteindre notre but. En politique il faut savoir prendre la propriété d’autrui sans hésiter, si nous pouvons obtenir par ce moyen la soumission et le pouvoir. Notre État, dans cette conquête pacifique, a le droit de remplacer les horreurs de la guerre par des condamnations à mort moins visibles et plus, profitables, nécessaires pour entretenir cette terreur qui fait obéir les peuples aveuglément. Une sévérité juste, mais inflexible, est le plus grand facteur de la force d’un État, ce n’est donc pas seulement notre avantage, c’est notre devoir, pour obtenir la victoire, de nous en tenir à ce programme de violence et d’hypocrisie. Une pareille doctrine basée sur le calcul, est aussi efficace que les moyens qu’elle emploie. Ce n’est donc pas seulement par ces moyens, mais aussi par cette doctrine de la sévérité que nous triompherons et que nous asservirons tous les gouvernements à notre gouvernement suprême. Il suffira que l’on sache que nous sommes inflexibles pour que toute insubordination cesse. C’est nous, qui les premiers, dans ce qui est encore l’antiquité, avons jeté au peuple les mots « Liberté, Égalité, Fraternité » : paroles répétées tant de fois dans la suite par des perroquets inconscients, qui attirés de toutes parts par cet appât, n’en ont usé que pour détruire la prospérité du monde, la véritable liberté individuelle, autrefois si bien garantie de la contrainte de la foule. Des hommes qui se croyaient intelligents n’ont pas su démêler le sens caché de ces mots, n’ont pas vu qu’ils se contredisaient, n’ont pas vu qu’il n’y a pas d’égalité dans la nature, qu’il ne peut y avoir de liberté, que la nature elle-même a établi l’inégalité des esprits, des caractères et des intelligences, si fortement soumis à ses lois ; ces hommes n’ont pas compris que la foule est une force aveugle ; que les parvenus qu’elle élit pour la gouverner, ne sont pas moins aveugles en politique qu’elle-même, que l’initié fût-il un sot, peut gouverner, tandis que la foule des non-initiés, même pleins de génie, n’entend rien à la politique. Toutes ces considérations ne vinrent pas à l’esprit des chrétiens ; cependant, c’est là-dessus que reposait le principe du gouvernement dynastique ; le père transmettait à son fils les secrets de la politique, inconnus en dehors des membres de la famille régnante, afin que nul ne pût trahir le secret. Plus tard le sens de la transmission héréditaire des vrais principes de la politique se perdit. Le succès de notre œuvre en fut accru. Pourtant, dans le monde, les mots Liberté, Égalité, Fraternité mirent dans nos rangs, par l’entremise de nos agents aveugles, des légions entières d’hommes qui portèrent avec enthousiasme nos étendards. Et cependant ces mots étaient des vers qui rongeaient la prospérité de tous les non-juifs, en détruisant partout la paix, la tranquillité, la solidarité, en sapant tous les fondements de leurs États. Vous verrez par la suite que cela servit à notre triomphe ; cela nous donna, entre autres, la possibilité d’obtenir l’atout le plus important, autrement dit, d’abolir les privilèges, l’essence même de l’aristocratie des chrétiens, et l’unique moyen de défense qu’ont contre nous les peuples et les nations. Sur les ruines de l’aristocratie naturelle et héréditaire, nous avons élevé notre aristocratie de l’intelligence et de la finance. Nous avons pris pour critérium de cette nouvelle aristocratie la richesse, qui dépend de nous, et la science qui est dirigée par nos sages. Notre triomphe fut encore facilité par le fait que dans nos rapports avec les hommes dont nous avions besoin, nous sûmes toujours toucher les cordes les plus sensibles de l’esprit humain : le calcul, l’avidité, l’insatiabilité des besoins matériels de l’homme, chacune de ces faiblesses humaines, prise à part est capable d’étouffer l’esprit d’initiative en mettant la volonté des hommes à la disposition de celui qui achète leur activité. L’idée abstraite de la liberté a donné la possibilité de persuader aux foules qu’un gouvernement n’est pas autre chose qu’un gérant du propriétaire du pays, c’est-à-dire du peuple, et qu’on peut les changer comme on change des gants usés. L’amovibilité des représentants du peuple les mettait à notre disposition ; ils dépendaient de notre choix.
CHAPITRE II
Les guerres économiques sont le fondement de la suprématie juive. L’administration visible et les « Conseillés secrets ». Le succès des doctrines destructives. L’assimilation en politique. Le rôle de la presse. Le prix de l’or et la valeur des victimes juives.
Il nous est nécessaire que les guerres ne donnent pas, autant que cela est possible, d’avantages territoriaux. La guerre ainsi transportée sur le terrain économique, et les Nations verront la force de notre suprématie, et cette situation mettra les deux parties à la disposition de nos agents internationaux, qui ont des milliers d’yeux que nulle frontière n’arrête. Alors nos droits internationaux effaceront les droits nationaux, au sens propre du mot et gouverneront les peuples de même que le droit civil des États règle les rapports de leurs sujets entre eux. Les administrateurs, choisis par nous dans le public, en raison de leurs aptitudes serviles, ne seront pas des individus préparés pour l’administration du pays. Ainsi ils deviendront aisément des pions dans notre jeu, dans les mains de nos conseillers savants et géniaux, de nos spécialistes, élevés dès l’enfance en vue d’administrer les affaires du monde entier. Vous savez que nos spécialistes ont puisé les renseignements nécessaires pour administrer dans nos plans politiques, dans les expériences de l’histoire, dans l’étude de tous les événements remarquables. Les chrétiens ne se guident pas sur la pratique d’observations impartiales tirées de l’histoire, mais sur une routine théorique, incapable d’atteindre aucun résultat réel. C’est pourquoi nous n’avons pas à compter avec eux ; qu’ils s’amusent encore quelque temps, qu’ils vivent d’espoirs ou de nouveaux divertissements, ou du souvenir des amusements qu’ils ont déjà eus. Laissons-les croire à l’importance que nous leur avons inspirée des lois de la science – des théories. C’est dans ce dessein que nous augmentons constamment, par notre presse, leur confiance aveugle en ces lois. La classe intelligente des chrétiens sera fière de ses connaissances et, sans les examiner logiquement, mettra en action tous les renseignements de la science, rassemblés par nos agents pour guider leurs esprits dans le sens qui nous est nécessaire. Ne croyez pas nos affirmations sans fondement ; remarquez les succès que nous avons su créer au Darwinisme, au Marxisme, au Nietzschéisme. Pour nous au moins, l’influence délétère de ces tendances doit être évidente.
Il nous est nécessaire de compter avec les idées, les caractères, les tendances modernes des peuples pour ne pas commettre d’erreurs en politique et dans l’administration des affaires. Notre système, dont les parties peuvent être disposées différemment selon les peuples que nous rencontrons sur notre route, ne peut avoir de succès si son application pratique n’est basée sur les résultats du passé confrontés avec le présent.
Les États modernes ont en mains une grande force créatrice : la presse. Le rôle de la presse est d’indiquer les réclamations soi-disant indispensables, de faire connaître les plaintes du peuple, de créer des mécontents, de leur donner une voix.
La presse incarne la liberté de la parole. Mais les États n’ont pas su utiliser cette force, et elle est tombée entre nos mains. Par elle nous avons obtenu de l’influence tout en restant dans l’ombre, grâce à elle nous avons amassé dans nos mains l’or, en dépit des torrents de sang et de larmes au milieu desquels nous avons dû les prendre... Mais nous nous sommes rachetés, en sacrifiant beaucoup des nôtres. Chacune de nos victimes vaut des milliers de chrétiens devant Dieu.
CHAPITRE III
Le serpent symbolique et sa signification. Instabilité de la balance constitutionnelle. La terreur dans les palais. Le pouvoir et l’ambition. Les machines à parler parlementaires, les pamphlets. Les abus du pouvoir. L’esclavage économique. « La vérité du peuple ». Les accapareurs et l’aristocratie. L’armée des francs-maçons Juifs. La dégénérescence des chrétiens. La faim et le droit du capital. La venue et le couronnement du « maître universel ». L’objet fondamental du programme des futures écoles populaires des francs-maçons. Le secret de la science de l’ordre social. Crise économique générale. Sécurité des « Nôtres ». Le despotisme des francs-maçons est le règne de la raison. Perte d’un guide. La franc-maçonnerie et la « grande » Révolution française. Le roi despote est du sang de Sion. Causes de l’Invulnérabilité de la franc-maçonnerie. Le rôle des agents secrets de la franc-maçonnerie. La Liberté.
Je puis aujourd’hui vous annoncer que nous sommes déjà près du but. Encore un peu de chemin, et le cercle du Serpent Symbolique (qui représente notre peuple) sera fermé. Quand ce cercle sera fermé, tous les États de l’Europe y seront enserrés, comme dans un fort étau.
La balance constitutionnelle sera bientôt renversée, parce que nous l’avons faussée pour qu’elle ne cesse de pencher d’un côté ou de l’autre jusqu’à ce qu’enfin le fléau soit usé. Les chrétiens croyaient l’avoir construite assez solidement, ils attendaient toujours que les plateaux de la balance se missent en équilibre. Mais les personnes régnantes – le fléau – sont protégées par leurs représentants, qui font des sottises et se laissent entraîner par leur pouvoir sans contrôle et sans responsabilité. Ils doivent ce pouvoir à la terreur qui règne dans les palais. Les personnes régnantes n’ayant plus d’accès auprès de leur peuple, ne peuvent plus se concerter avec lui et se fortifier contre les personnes aspirant au pouvoir. La force clairvoyante des personnes régnantes et la force aveugle du peuple, divisées par nous, ont perdu toute importance ; séparées, elles sont aussi impuissantes que l’aveugle sans son bâton. Pour pousser les ambitieux à abuser du pouvoir, nous avons opposé l’une à l’autre toutes les forces, en développant toutes leurs tendances libérales vers l’indépendance…
Nous avons encouragé dans ce but toute entreprise, nous avons armé tous les partis, nous avons fait du pouvoir la cible de toutes les ambitions. Nous avons transformé en arènes les États où se développent les troubles… Encore un peu de temps et les désordres, les banqueroutes apparaîtront partout. Les bavards intarissables ont transformé les séances de Parlements et les réunions administratives en luttes oratoires. De hardis journalistes, des pamphlétaires sans vergogne attaquent tous les jours le personnel administratif. Les abus du pouvoir prépareront finalement la chute de toutes les institutions, et tout sera renversé sous les coups de la foule devenue folle.
Les peuples sont enchaînés au lourd travail plus fortement que ne les enchaînait l’esclavage et le servage. On pouvait se libérer de l’esclavage et du servage d’une manière ou de l’autre. On pouvait traiter avec eux, mais on ne peut se libérer de sa misère. Les droits que nous avons inscrits dans les constitutions sont fictifs pour les masses, et non réels. Tous ces prétendus « droits du peuple » ne peuvent exister que dans l’esprit, ils ne sont jamais réalisables. Qu’est-ce pour le travailleur prolétaire courbé sur son travail pénible, écrasé par son sort, que le droit donné aux bavards de bavarder, le droit donné aux journalistes d’écrire toutes sortes d’absurdités en même temps que des choses sérieuses, du moment que le prolétariat ne tire pas d’autres avantages de la constitution que les misérables miettes que nous lui jetons de notre table, en échange d’un suffrage favorable à nos prescriptions, à nos suppôts, à nos agents ? Les droits républicains pour le pauvre diable sont une amère ironie : la nécessité d’un travail presque quotidien ne lui permet pas d’en jouir : en revanche ils lui ôtent la garantie d’un gain constant et sûr, en le mettant sous la dépendance des grèves des patrons ou des camarades. Sous notre direction le peuple a détruit l’aristocratie qui était sa protectrice et sa mère nourricière naturelle, elle dont l’intérêt est inséparable de la prospérité du peuple. Maintenant que l’aristocratie est détruite, il est tombé sous le joug des accapareurs, des filous enrichis qui l’oppressent d’une manière impitoyable.
Nous apparaîtrons comme des libérateurs de ce joug à l’ouvrier quand nous lui proposerons d’entrer dans les rangs de cette armée de socialistes, d’anarchistes, de communards, que nous soutenons toujours sous prétexte de solidarité entre les membres de notre franc-maçonnerie sociale. L’aristocratie qui jouissait de plein droit du travail des ouvriers, avait intérêt à ce que les travailleurs fussent rassasiés, sains et forts. Notre intérêt est au contraire que les chrétiens dégénèrent. Notre puissance est dans la faim chronique, dans la faiblesse de l’ouvrier, parce que tout cela l’asservit à notre volonté et qu’il n’aura en sa puissance ni force ni énergie pour s’opposer à cette volonté. La faim donne au capital sur l’ouvrier plus de droits que l’aristocratie n’en recevait du pouvoir royal et légal. Par la misère et la haine envieuse qu’elle produit nous manœuvrons les foules, nous nous servons de leurs mains pour écraser ceux qui s’opposent à nos desseins.
Quand viendra le temps pour notre souverain universel d’être couronné, ces mêmes mains balayeront tout ce qui pourrait lui être un obstacle.
Les chrétiens ont perdu l’habitude de penser en dehors de nos conseils scientifiques. C’est pourquoi ils ne voient pas la nécessité urgente de faire ce que nous feront quand notre règne sera venu, c’est-à-dire d’enseigner dans les écoles primaires la seule science véritable, la première de toutes les sciences de l’ordre social, de la vie humaine, de l’existence sociale qui demande la division du travail et par conséquent la division des hommes en classes et conditions. Il est nécessaire que chacun sache qu’il ne peut y avoir d’égalité par suite des différentes activités auxquelles chacun est destiné ; que tous ne peuvent être également responsables devant la loi ; que, par exemple, la responsabilité n’est pas la même de celui qui, par ses actes, compromet toute une classe et de celui qui ne porte atteinte qu’à son honneur. La vraie science de l’ordre social, dans le secret de laquelle nous n’admettons pas les chrétiens, montrerait à tous que la place et le travail de chacun doivent être différents, pour ne pas être une source de tourments par suite du défaut de correspondance entre l’éducation et le travail. En étudiant cette science, les peuples obéiront volontiers aux pouvoirs et à l’ordre social établi par eux dans l’État. Au contraire, dans l’état présent de la science telle que nous l’avons faite, le peuple, croyant aveuglément à la parole imprimée, nourrit, par suite des erreurs qui lui sont insinuées dans son ignorance, de l’inimitié contre toutes les conditions qu’il croit au-dessus de lui, parce qu’il ne comprend pas l’importance de chaque condition. Cette inimitié augmentera encore par suite de la crise économique qui finira par arrêter les opérations de la Bourse et la marche de l’industrie.
Quand nous aurons créé par tous les moyens cachés dont nous disposons à l’aide de l’or, qui est tout entier entre nos mains, une crise économique générale, nous lancerons dans la rue des foules entières d’ouvriers simultanément dans tous les pays de l’Europe. Ces foules se mettront avec volupté à répandre le sang de ceux qu’elles envient dès leur enfance, dans la simplicité de leur ignorance, et dont elles pourront alors piller les biens. Elles ne toucheront pas les nôtres ; parce que le moment de l’attaque nous sera connu et que nous aurons pris des mesures pour garantir les nôtres. Nous avons affirmé que le progrès soumettrait tous les chrétiens au règne de la raison. Tel sera notre despotisme : il saura calmer toutes les agitations par de justes sévérités, il saura extirper le libéralisme de toutes les institutions. Quand le peuple vit qu’on lui faisait au nom de la liberté tant de concessions et de complaisances, il s’imagina être le maître et se jeta sur le pouvoir mais il se heurta tout naturellement comme un aveugle, à quantité d’obstacles ; il se mit à chercher un guide, n’eût pas l’idée de retourner à l’ancien et déposa tous ses pouvoirs à nos pieds. Rappelez-vous la révolution française à laquelle nous avons donné le nom de « grande » ; les secrets de sa préparation nous sont bien connus, car elle fut tout entière l’œuvre de nos mains. Depuis lors, nous menons le peuple d’une déception à l’autre afin qu’il renonce même à nous, au profit du roi despote du sang de Sion que nous préparons pour le monde. Actuellement nous sommes invulnérables comme force internationale, car, quand on nous attaque dans un État, on nous défend dans les autres. La lâcheté infinie des peuples chrétiens qui rampent devant la force, qui sont impitoyables pour la faiblesse et pour les fautes, mais indulgents pour les crimes, qui ne veulent pas supporter les contradictions de la liberté, qui sont patients jusqu’au martyre devant la violence d’un hardi despotisme. Voilà ce qui favorise notre indépendance, Ils souffrent et supportent des premiers ministres actuels des abus pour le moindre desquels ils décapiteraient vingt rois. Comment expliquer un tel phénomène, une telle inconséquence des masses populaires en face d’événements qui semblent de même nature ? Ce phénomène s’explique par ce fait que ces dictateurs — les premiers ministres — font dire tout bas au peuple par leurs agents que s’ils causent du détriment aux États, c’est dans le but dernier de réaliser le bonheur des peuples, leur fraternité internationale, la solidarité, les droits égaux pour tous. Naturellement on ne leur dit pas que cette unité ne doit se faire que sous notre autorité. Et voilà le peuple qui condamne les justes et absout les coupables, se persuadant de plus en plus qu’il peut faire tout ce qu’il lui plaît. Dans ces conditions, le peuple détruit toute stabilité et crée le désordre à chaque pas. La mot « Liberté » met les sociétés humaines en lutte contre toute force, contre toute puissance, même contre celle de Dieu et de la nature. Voilà pourquoi à notre avènement nous devrons exclure ce mot du vocabulaire humain, comme principe de la brutalité qui change les foules en bêtes féroces. Il est vrai que ces bêtes s’endorment chaque fois qu’elles se sont abreuvées de sang et qu’alors il est facile de les enchaîner. Mais si on ne leur donne pas de sang, elles ne dorment pas et luttent.
CHAPITRE IV
Les différents stades d’une République. La franc-maçonnerie extérieure. La liberté et la foi. La concurrence internationale du commerce et de l’industrie. Le rôle de la spéculation. Le culte de l’or.
Toute République passe par différents stades. Le premier comprend les premiers jours de folie d’un aveugle qui se jette à droite et à gauche. Le deuxième est celui de la démagogie, d’où naît l’anarchie, puis vient inévitablement le despotisme : non pas un despotisme légal et déclaré et par conséquent responsable, mais un despotisme invisible et inconnu, et néanmoins sensible ; despotisme exercé par une organisation secrète qui agit avec d’autant moins de scrupules qu’elle agit sous le couvert de divers agents, dont le changement non seulement ne lui nuit pas, mais la soutient en la dispensant de dépenser ses ressources à récompenser de longs services. Qui pourrait renverser une force invisible ? Car telle est notre force. La franc-maçonnerie extérieure ne sert qu’à couvrir nos desseins ; le plan d’action de cette force, le lieu de son séjour même resteront toujours inconnu au peuple. La liberté elle-même pourrait être inoffensive et exister dans l’État sans nuire à la prospérité des peuples, si elle reposait sur les principes de la croyance en Dieu, de la fraternité humaine, en dehors de l’idée d’égalité contredite par les lois de la création elle-même, qui ont établi la subordination. Avec une telle foi le peuple se laisserait gouverner par la tutelle des paroisses et marcherait humble et paisible sous la main de son pasteur spirituel, soumis à la distribution divine des biens de ce monde. Voilà pourquoi il est nécessaire que nous ruinions la foi, que nous arrachions de l’esprit des chrétiens le principe même de la Divinité et de l’Esprit, pour leur substituer des calculs et des besoins matériels. Pour que les esprits des chrétiens n’aient pas le temps de penser et d’observer, il faut les distraire par l’industrie et le commerce. De cette manière, toutes les nations chercheront leurs avantages et, luttant chacune pour leurs avantages propres, ne remarqueront pas leur ennemi commun. Mais pour que la liberté puisse ainsi désagréger et détruise complètement la société des chrétiens, il faut faire de la spéculation la base de l’industrie ; de la sorte, aucune des richesses que l’industrie tirera de la terre ne restera dans la main des industriels mais toutes s’en iront en spéculations, c’est-à-dire tomberont dans nos caisses. La lutte ardente pour la suprématie, les heurts de la vie économique créeront et ont déjà créé des sociétés désenchantées, froides et sans cœur.
CHAPITRE X
La force des choses en politique. « La génialité » de la bassesse. Que promet le coup d’État franc-maçonnique. Le suffrage universel. L’estime de soi-même. Les chefs des francs-maçons. Le guide génial de la franc-maçonnerie. Les institutions et leurs fonctions. Le poison du libéralisme. La constitution est l’école des discordes de partis. L’ère républicaine. Les présidents sont les créatures de la franc-maçonnerie. Responsabilité des présidents. Le « Panama ». Le rôle de la chambre des députés et du président. La franc-maçonnerie est une force législative. La nouvelle constitution républicaine. Passage à « l’autocratie » franc-maçonnique. Moment de la proclamation « du roi universel ». Inoculation de maladies et autres méfaits de la franc-maçonnerie.
CHAPITRE XII
Interprétation maçonnique du mot « liberté ». Avenir de la presse dans le royaume des francs-maçons. Le contrôle de la presse. Les agences des correspondants. Qu’est-ce que le progrès pour les francs-maçons ? La solidarité des francs-maçons dans la presse moderne. Excitation des exigences « sociales » provinciales. Infaillibilité du nouveau régime.
Le mot « liberté » que l’on peut interpréter de différentes manières, nous le définirons ainsi:
La liberté est le droit de faire ce que permet la loi. Une telle interprétation de ce mot dans ce temps-là fera que toute la liberté sera entre nos mains, parce que les lois détruiront ou créeront ce qui nous sera agréable suivant le programme exposé plus haut. Avec la presse nous agirons de la manière suivante. Quel rôle joue maintenant la presse ? Elle sert à embraser les passions ou à entretenir les égoïsmes des partis. Elle est vaine, injuste, mensongère, et la plupart des hommes ne comprennent pas du tout à quoi elle sert. Nous la sellerons et nous lui mettrons de fortes rênes, nous ferons de même pour les autres ouvrages imprimés, car à quoi nous servirait-il de nous débarrasser de la presse si nous devions servir de cible à la brochure et au livre ? Nous transformerons la publicité qui nous coûte cher aujourd’hui parce que c’est elle qui nous permet de censurer les journaux, en un objet de revenu pour notre État. Nous créerons un impôt spécial pour la presse. Nous exigerons une caution lorsque se fonderont des journaux ou des imprimeries. Ainsi sera garanti notre gouvernement de toute attaque du côté de la presse. A l’occasion nous mettrons sans merci à l’amende. Timbres, cautions et amendes, donneront un énorme revenu à l’État. Il est vrai que les journaux de partis pourraient être au-dessus des pertes d’argent. Nous les supprimerons dès la seconde attaque. Personne ne touchera impunément à l’auréole de notre infaillibilité gouvernementale. Le prétexte pour supprimer un journal sera que l’organe en question agite les esprits sans motif et sans raison. Je vous prie de remarquer que parmi ceux qui nous attaqueront il y aura des organes créés par nous, mais ils attaqueront exclusivement des points, dont nous souhaiterons le changement. Rien ne sera notifié à la société sans noire contrôle. Ce résultat est déjà atteint de nos jours par le fait que toutes les nouvelles sont reçues par plusieurs agences, qui les centralisent de toutes les parties du monde. Ces agences seront alors entièrement nos institutions et ne publieront que ce que nous leur prescrirons.
Si maintenant déjà nous avons su nous emparer des esprits des sociétés chrétiennes à tel point que presque tous regardent les événements mondiaux à travers les verres de couleur des lunettes que nous leur mettons sur les yeux, si déjà maintenant il n’y a dans aucun État de verrous qui nous interdisent l’accès de ce que les chrétiens appellent sottement les secrets de l’État, que sera-ce quand, nous serons les maîtres reconnus de l’univers dans la personne de notre roi universel ?… Quiconque voudra être éditeur, bibliothécaire ou imprimeur, sera obligé d’obtenir un diplôme, qui, au cas où son possesseur se rendrait coupable d’un méfait quelconque, serait immédiatement repris. Avec de telles mesures l’instrument de la pensée deviendra un moyen d’éducation entre les mains de notre gouvernement, qui ne permettra plus aux masses populaires de divaguer sur les bienfaits du progrès. Lequel d’entre nous ne sait pas que ces bienfaits illusoires mènent directement à des rêves absurdes ? De ces rêves sont nés les rapports anarchiques des hommes entre eux et avec le pouvoir, parce que le progrès ou plutôt l’idée du progrès a donné l’idée de toutes sortes d’émancipations, sans fixer leurs limites… Tous ceux que nous appelons libéraux sont des anarchistes sinon de fait, tout au moins de pensée. Chacun d’eux poursuit les illusions de la liberté et tombe dans l’anarchie en protestant pour le simple plaisir de protester…
Revenons à la presse. Nous la frapperons comme tout ce qui s’imprime, d’impôts en timbre à tant par feuille, et de nantissements ; les livres ayant moins de 30 feuilles seront imposés doublement. Nous les enregistrerons dans la catégorie des brochures d’une part afin de réduire le nombre des revues, qui sont le pire des poisons, d’autre part parce que cette mesure obligera les écrivains à produire de si longs ouvrages qu’on les lira peu, surtout à cause de leur cherté. Au contraire, ce que nous éditerons nous-mêmes pour le bien des esprits dans la tendance que nous aurons établie, sera bon marché et lu par tout le monde. L’impôt fera taire le vain désir d’écrire, et la crainte du châtiment mettra les littérateurs sous notre dépendance. S’il se trouve des personnes désirant écrire contre nous, il ne se trouvera personne pour les imprimer. Avant d’accepter un ouvrage pour l’imprimer, l’éditeur ou l’imprimeur devra aller chez les autorités pour obtenir l’autorisation de le faire. De la sorte nous connaîtrons d’avance les pièges qu’on nous tend et nous les détruirons en donnant des explications à l’avance sur le sujet traité. La littérature et le journalisme sont les deux forces éducatrices les plus importantes, c’est pourquoi notre gouvernement sera le propriétaire de la plupart des journaux. Par là l’influence nuisible de la presse privée sera neutralisée et nous acquerrons une influence énorme sur les esprits. Si nous autorisons dix journaux, nous en fonderons trente et ainsi de suite. Le public ne s’en doutera pas. Tous les journaux édités par nous seront en apparence des tendances et des opinions les plus opposées, ce qui éveillera la confiance en eux et attirera à eux nos adversaires sans méfiance; ils tomberont dans le piège et seront inoffensifs.
Les organes d’un caractère officiel seront au premier plan. Ils veilleront toujours sur nos intérêts, c’est pourquoi leur influence sera presque nulle. Au second plan seront les officieux, dont le rôle sera d’attirer les indifférents et les tièdes. Au troisième plan nous mettrons notre prétendue opposition. Un organe au moins sera à l’antipode de nos idées. Nos adversaires prendront ce faux opposant pour un allié et nous montreront leur jeu. Nos journaux seront de toutes les tendances : les uns aristocratiques, les autres républicains, révolutionnaires ou même anarchistes, tant que vivra la constitution, bien entendu. Ils auront, comme le dieu hindou Vishnu, cent mains dont chacune accélérera le changement de la société ; ces mains conduiront l’opinion dans la direction qui conviendra à notre but, car un homme trop agité perd la faculté de raisonner et s’abandonne facilement à la suggestion. Les imbéciles qui croiront répéter l’opinion du journal de leur parti, répéteront notre opinion ou celle qui nous plaira. Ils s’imagineront qu’ils suivent l’organe de leur parti et ils suivront en réalité le drapeau que nous arborerons pour eux. Pour diriger dans ce sens notre armée de journalistes nous devrons organiser cette œuvre avec un soin tout particulier. Sous le nom de bureau central de la presse nous organiserons des réunions littéraires, dans lesquelles nos agents donneront, sans que l’on s’en aperçoive le mot d’ordre et les signaux. Discutant et contredisant notre initiative d’une manière superficielle, sans aller au fond des choses, nos organes auront une vaine polémique avec les journaux officiels pour nous donner les moyens de nous prononcer plus clairement que nous ne pourrions le faire dans nos premières déclarations officielles. Ces attaques joueront encore ce rôle que nos sujets se croiront sûrs de pouvoir parler librement ; cela donnera d’autre part à nos agents un motif de dire et d’affirmer que les organes qui se déclarent contre nous ne font que bavarder, puisqu’ils ne peuvent trouver de véritables raisons pour réfuter sérieusement nos mesures. Ces procédés inaperçus de l’opinion publique, mais sûrs, nous attireront certainement l’attention et la confiance publique. Grâce à eux nous exciterons et nous calmerons autant qu’il le faudra les esprits dans les questions politiques, nous les persuaderons ou nous les dérouterons, imprimant tantôt la vérité, tantôt le mensonge, confirmant les faits ou les contestant, selon l’impression qu’ils font sur le public, en tâtant toujours prudemment le terrain, avant d’y mettre le pied… Nous vaincrons nos adversaires infailliblement parce qu’ils n’auront pas à leur disposition d’organes où ils puissent se prononcer jusqu’au bout, par suite des mesures que nous avons dites. Nous n’aurons pas même besoin de les réfuter à fond… Nous réfuterons énergiquement dans nos officieux les ballons d’essais lancés par nous dans la troisième catégorie de notre presse, en cas de besoin. Déjà maintenant, dans les formes du journalisme français tout au moins, il existe une solidarité franc-maçonnique. Tous les organes de la presse sont liés entre eux par le secret professionnel; semblables aux anciens augures, aucun de ses membres ne livrera le secret de ses renseignements, s’il n’en reçoit l’ordre. Aucun journaliste ne se décidera à trahir ce secret, car aucun d’eux ne sera admis dans la littérature s’il n’a une tache honteuse dans son passé : ces taches seraient immédiatement révélées. Tant que ces taches sont le secret de quelques-uns, l’auréole du journaliste attire l’opinion de la majorité du pays, et on le suit avec enthousiasme. Nos calculs s’étendent surtout sur la province. Il est nécessaire que nous y excitions des espérances et des aspirations opposées à celles de la capitale, à qui nous les donnerons pour les espérances et les aspirations spontanées des provinces. Il est clair que la source en sera toujours la même ; elle partira de nous. Tant que nous ne jouirons pas encore d’un pouvoir complet nous aurons parfois besoin que les capitales soient enveloppées des opinions du peuple, c’est-à-dire de la majorité, manœuvrée par nos agents. Il nous faut que les capitales, au moment psychologique, ne discutent pas le fait arrivé, par cela seul qu’il sera déjà accepté par la majorité provinciale.
Quand nous entrerons dans le nouveau régime, qui préparera notre règne, nous ne pourrons admettre la révélation par la presse de la malhonnêteté publique; il faudra que l’on croie que le nouveau régime a si bien satisfait tout le monde, que les crimes même ont disparu… Les cas de manifestation de la criminalité ne devront être connus que de leurs victimes et de leurs témoins accidentels.
CHAPITRE XIV
La Religion de l’avenir. Le servage futur. Impossibilité de connaître les mystères de la Religion de l’avenir. La pornographie et l’avenir de la parole imprimée.
Quand notre règne sera venu, nous ne reconnaîtrons l’existence d’aucune autre religion que celle de notre dieu unique, avec lequel notre destin est lié parce que nous sommes le Peuple choisi et par lequel ce même destin est uni aux destinées du monde. C’est pourquoi nous devons détruire toutes les croyances. Si cela fait naître les athées contemporains, ce degré transitoire ne gênera pas nos vues, mais servira d’exemple aux générations, qui entendront nos prédications sur la religion de Moïse, dont le système stoïque et bien conçu aura abouti à la conquête de tous les peuples. Nous ferons voir en cela sa vérité mystique, où, dirons-nous, repose toute sa force éducatrice. Alors nous publierons en toute occasion des articles où nous comparerons notre régime salutaire avec ceux du passé. Les avantages d’un repos obtenu par des siècles d’agitations, feront ressortir le caractère bienfaisant de notre domination. Les erreurs des administrations des chrétiens seront dépeintes par nous sous les plus vives couleurs. Nous exciterons une telle répugnance pour elles, que les peuples préféreront le repos du servage aux droits de la fameuse liberté qui les a tellement tourmentés, qui leur a ôté leurs moyens d’existence, qui les a fait exploiter par une troupe d’aventuriers ne sachant pas ce qu’ils faisaient... Les changements inutiles de gouvernements auxquels nous poussions les chrétiens quand nous sapions leurs édifices gouvernementaux, auront tellement lassé les peuples à cette époque qu’ils préféreront tout supporter de nous, au risque de nouvelles agitations. Nous soulignerons tout particulièrement les fautes historiques des gouvernements chrétiens, qui faute du bien véritable ont tourmenté pendant tant de siècles l’humanité, à la poursuite d’illusoires biens sociaux ; sans s’apercevoir que leurs projets ne faisaient qu’aggraver, au lieu de les améliorer, les relations générales, de la vie humaine...
Nos philosophes discuteront tous les défauts des croyances chrétiennes, mais personne ne discutera jamais notre religion à son vrai point de vue, parce que personne ne la connaîtra à fond si ce n’est les nôtres, qui n’oseront jamais trahir ses secrets... Dans les pays qu’on appelle avancés nous avons créé une littérature folle, sale, abominable. Nous la stimulerons encore quelque temps après notre arrivée au pouvoir, afin de souligner le contraste de nos discours, de nos programmes avec ces turpitudes... Nos Sages, élevés pour diriger les chrétiens, composeront des discours, des projets, des mémoires, des articles, qui nous donneront l’influence sur les esprits et nous permettront de les diriger vers les idées et les connaissances que nous voudrons leur imposer.
CHAPITRE XVII
Le barreau. Influence des prêtres chrétiens. La liberté de conscience. Le roi des Juifs, patriarche et pape. Moyens de lutte avec l’Église existante. Problèmes de la presse contemporaine. Organisation de la police volontaire. L’espionnage sur le modèle de celui de la société Juive. Les abus du pouvoir.
Le barreau crée des hommes froids, cruels, opiniâtres, sans principes, qui se mettent en toute occasion sur un terrain impersonnel, purement légal. Ils sont habitués à tout rapporter à l’avantage de la défense, et non au bien social. Ils ne refusent généralement aucune défense, tâchent d’obtenir l’acquittement à tout prix, s’accrochant aux subtilités de la jurisprudence : par là, ils démoralisent le tribunal. C’est pourquoi en permettant cette profession dans d’étroites limites, nous ferons de ses membres des fonctionnaires exécutifs. Les avocats seront privés, aussi bien que les juges, du droit de communiquer avec les plaideurs ; ils recevront les causes du tribunal, ils les analyseront d’après les mémoires et les documents des rapports judiciaires, ils défendront leurs clients après leur interrogatoire au tribunal, une fois les faits éclaircis. Ils recevront des honoraires indépendants de la qualité de la défense. De la sorte, nous aurons une défense honnête et impartiale, guidée non par l’intérêt, mais par la conviction. Cela supprimera, entre autres, la corruption actuelle des assesseurs qui ne consentiront plus à donner gain de cause seulement à celui qui paye. Nous avons déjà pris soin de discréditer la classe des prêtres chrétiens et de désorganiser par là leur mission, qui pourrait actuellement nous gêner beaucoup. Son influence sur les peuples tombe chaque jour. La liberté de conscience est proclamée maintenant partout. Par conséquent, il n’y a plus qu’un certain nombre d’années qui nous séparent de la ruine complète de la religion chrétienne ; nous viendrons encore plus facilement à bout des autres religions, mais il est encore trop tôt pour en parler. Nous mettrons le cléricalisme et les cléricaux dans des cadres si étroits que leur influence sera nulle en comparaison de celle qu’ils avaient autrefois. Quand viendra le moment de détruire définitivement la cour papale, le doigt d’une main invisible montrera aux peuples cette cour. Mais quand les peuples se jetteront dessus, nous apparaîtrons comme ses défenseurs, afin de ne pas permettre l’effusion du sang. Par cette diversion nous pénétrerons dans l’intérieur de la place dont nous ne sortirons point que nous ne l’ayons complètement ruinée. Le roi des juifs sera le vrai pape de l’univers, le patriarche de l’Église internationale. Mais, tant que nous n’aurons pas élevé la jeunesse dans les nouvelles croyances de transition, puis dans la nôtre, nous ne loucherons pas ouvertement aux Églises existantes, mais nous lutterons contre elles par la critique, en excitant les dissensions. En général notre presse contemporaine dévoilera les affaires d’État, les religions, l’incapacité des chrétiens et tout cela dans les termes les plus malhonnêtes, afin de les dénigrer de toutes manières, comme sait seule le faire notre race de génie. Notre régime sera l’apologie du règne de Vishnu, qui en est le symbole, nos cent mains tiendront chacune un ressort de la machine sociale.
Nous verrons tout sans l’aide de la police officielle, qui telle que nous l’avons élaborée pour les chrétiens, empêche aujourd’hui les gouvernements de voir. Dans notre programme un tiers des sujets surveillera les autres par sentiment du devoir, pour servir volontairement l’État. Il ne sera pas honteux alors d’être espion et délateur ; au contraire ce sera louable, mais les délations mal fondées seront cruellement punies, afin qu’on n’abuse pas de ce droit. Nos agents seront pris dans la haute société aussi bien que dans les basses classes, dans le milieu de la classe administrative qui s’amuse, parmi les éditeurs, les imprimeurs, les libraires, les commis, les ouvriers, les cochers, les laquais, etc... Cette police dépourvue de droits, non autorisée à agir par elle-même, et par conséquent sans pouvoirs, ne fera que témoigner et dénoncer ; la vérification de ses dépositions et les arrestations dépendront d’un groupe responsable de contrôleurs pour les affaires de police ; les arrestations elles-mêmes seront faites par le corps des gendarmes et par la police municipale. Celui qui n’aura pas fait son rapport sur ce qu’il aura vu et entendu sur les questions de politique sera considéré comme aussi coupable de recel ou de complicité que s’il était prouvé qu’il avait commis ces deux crimes.
CHAPITRE XXI
Les emprunts intérieurs. Le passif et les impôts. Les conversions. Les caisses d’épargne et la rente. Suppression de la bourse des fonds publics. Taxation des valeurs industrielles.
J’ajouterai à ce que je vous ai dit dans la réunion précédente une explication détaillée des emprunts intérieurs. Sur les emprunts extérieurs je ne dirai plus rien, parce qu’ils remplissaient nos coffres-forts avec l’argent national des chrétiens, mais pour notre État il n’y aura plus d’étrangers, c’est-à-dire qu’il n’y aura rien d’extérieur. Nous avons profité de la corruption des administrateurs et de la négligence des gouvernants pour recevoir des sommes doubles, triples et encore plus fortes, en prêtant aux gouvernements des chrétiens de l’argent qui n’était pas du tout nécessaire aux États. Qui est-ce qui pourrait faire la même chose par rapport à nous ?... C’est pourquoi je n’exposerai en détails que les emprunts intérieurs. Quand ils lancent un emprunt, les États ouvrent une souscription pour l’achat de leurs obligations. Afin que celles-ci soient accessibles à tous, ils créent des coupures depuis cent jusqu’à mille ; en même temps, on fait une réduction aux premiers souscripteurs. Le lendemain il y a une hausse de prix artificielle, soi-disant parce que tout le monde se jette dessus. Quelques jours plus tard les caisses du Trésor sont, dit-on, combles et on ne sait plus où mettre l’argent (pourquoi le prendre alors ?). La souscription dépasse plusieurs fois l’émission de l’emprunt : telle est la confiance que l’on a pour les lettres de change du gouvernement. Mais, quand la comédie est jouée, on est en présence d’un passif qui vient de se former, et d’un passif fort lourd. Pour payer les intérêts, il faut avoir recours à de nouveaux emprunts qui n’absorbent pas, mais qui augmentent seulement la dette principale. Quand le crédit est épuisé, il faut par de nouveaux impôts couvrir non l’emprunt, mais seulement les intérêts de l’emprunt. Ces impôts sont un passif, employé pour couvrir le passif...
Puis vient le temps des conversions, qui diminuent seulement le payement des intérêts, et ne couvrent pas les dettes, et qui de plus ne peuvent être faites sans le consentement des prêteurs : en annonçant une conversion on offre de rendre l’argent à ceux-là qui ne consentent pas à convertir leurs valeurs. Si tous exprimaient le désir de reprendre leur argent, les gouvernements seraient pris dans leurs propres filets, et se trouveraient dans l’impossibilité de payer l’argent qu’ils offrent. Heureusement les sujets des gouvernements chrétiens, peu versés dans les affaires de finances, ont toujours préféré des pertes sur le cours et une baisse des intérêts, au risque de nouveaux placements d’argent, par quoi ils ont donné plus d’une fois la possibilité aux gouvernements de se défaire d’un passif de plusieurs millions. Maintenant, avec les dettes extérieures, les chrétiens ne pensent rien faire de semblable, sachant que nous réclamerons tout notre argent. Ainsi une banqueroute reconnue démontrera définitivement aux pays l’absence de liaison entre les intérêts des peuples et leurs gouvernements. J’attire toute votre attention sur ce fait et sur le suivant : aujourd’hui tous les emprunts intérieurs sont consolidés par des dettes que l’on désigne sous le nom de flottantes, c’est-à-dire par des dettes dont les échéances sont plus ou moins rapprochées. Ces dettes se composent de l’argent mis dans les caisses d’épargne et dans les caisses de réserve. Comme ces fonds restent longtemps aux mains du gouvernement, ils s’évaporent pour payer les intérêts des emprunts extérieurs, et à leur place on met une somme équivalente de dépôts de rente. Ce sont ces derniers qui bouchent tous les trous dans les caisses de l’État chez les chrétiens. Quand nous monterons sur le trône du monde, tous ces tours de finances seront abolis sans laisser de trace, parce qu’ils ne répondent pas à nos intérêts ; nous supprimerons également toutes les Bourses de fonds publics, car nous n’admettrons pas que le prestige de notre pouvoir soit ébranlé par la variation de prix de nos valeurs. Elles seront déclarées par la loi au prix de leur valeur complète sans fluctuation possible (la hausse donne lieu à la baisse ; c’est ainsi qu’au début de notre campagne nous avons joué avec les valeurs des chrétiens). Nous remplacerons les Bourses par de grands établissements de crédit spécial, dont la destination sera de taxer les valeurs industrielles suivant les vues du gouvernement. Ces établissements seront en état de jeter sur le marché pour cinq cent millions de valeurs industrielles en un jour. De cette manière, toutes les entreprises industrielles dépendront de nous. Vous pouvez vous imaginer quelle puissance nous acquerrons par là.
CHAPITRE XXII
Le secret de l’avenir. Le mal séculaire base du bien futur. L’auréole du pouvoir et son adoration mystique.
Dans tout ce que je vous ai exposé jusqu’ici, je me suis efforcé de vous montrer le secret des événements passés et présents ; ils annoncent un avenir déjà près de se réaliser. Je vous ai montré le secret de nos rapports avec les chrétiens et de nos opérations financières. Il me reste peu de chose à dire encore sur ce sujet. Nous avons en mains la plus grande force moderne, l’or : nous pouvons en deux jours le retirer de nos dépôts, en telle quantité qu’il nous plaira. Devons-nous encore démontrer que notre gouvernement est prédestiné par Dieu ? Est-ce que nous ne prouverons pas par une telle richesse que tout le mal que nous avons été obligés de faire pendant tant de siècles a servi enfin au vrai bien, à mettre tout en ordre..... La voilà, la confusion des notions du bien et du mal. L’ordre sera rétabli, un peu par la violence, mais enfin il sera établi. Nous saurons prouver que nous sommes des bienfaiteurs, nous qui avons rendu à la terre tourmentée le vrai bien, la liberté de l’individu, qui pourra jouir du repos, de la paix, de la dignité des rapports, à condition, bien entendu, d’observer les lois établies par nous. Nous expliquerons en même temps que la liberté ne consiste pas dans la débauche et dans le droit à la licence ; de même la dignité et la force de l’homme ne consistent pas dans le droit pour chacun de proclamer des principes destructifs, comme le droit de conscience, le droit de l’égalité et autres semblables ; de même le droit de l’individu ne consiste nullement dans le droit de s’exciter soi-même et d’exciter les autres, en faisant montre de ses talents oratoires dans des rassemblements tumultueux. La vraie liberté consiste dans l’inviolabilité de la personne qui observe honnêtement et exactement toutes les lois de la vie en commun ; la dignité humaine consiste dans la conscience de ses droits et en même temps des droits que l’on n’a pas, et non pas dans le seul développement fantaisiste du thème de son « MOI ». Notre pouvoir sera glorieux, parce qu’il sera puissant, qu’il gouvernera et dirigera, et n’ira pas à la remorque des leaders et des orateurs qui crient des paroles folles, qu’ils appellent de grands principes et qui ne sont autre chose, à vrai dire, que des utopies. Notre pouvoir sera l’arbitre de l’ordre qui fait tout le bonheur des hommes. L’auréole de ce pouvoir lui procurera une adoration mystique et la vénération du peuple. La vraie force ne transige avec aucun droit, pas même avec le droit divin : personne n’ose l’attaquer pour lui enlever la moindre parcelle de sa puissance.
CHAPITRE XXIV
Renforcement des racines au roi David. Préparation du roi. Écartement des héritiers directs. Le roi et ses trois initiateurs. Le roi–destin. Irréprochabilité des mœurs extérieures du roi des Juifs.
Maintenant je passerai aux moyens d’assurer les racines dynastiques du roi. Les mêmes principes nous guiderons qui ont donné jusqu’à ce jour à nos Sages la conduite de toutes les affaires mondiales. Nous dirigerons la pensée de toute l’humanité. Plusieurs membres de la race de David prépareront les rois et leurs héritiers, choisissant ces derniers non d’après le droit héréditaire, mais pour leurs aptitudes éminentes ; ils les initieront aux secrets cachés de la politique, aux plans de gouvernement, à la condition toutefois que personne ne connaisse ces secrets. Le but de cette manière d’agir est que tout le monde sache, que le gouvernement ne peut être confié à ceux qui ne sont pas initiés aux mystères de son art. A ces personnes seules sera enseignée l’application des plans politiques, l’intelligence de l’expérience des siècles, toutes nos observations sur les lois politico-économiques et sur les sciences sociales, en un mot tout l’esprit de ces lois, que la nature même a établies inébranlablement pour régler les rapports des hommes. Les héritiers directs seront souvent écartés du trône si, dans leur temps d’études, ils font preuve de légèreté, de douceur et de ces autres qualités pernicieuses pour le pouvoir, qui rendent incapables de gouverner, et qui sont nuisibles à la fonction royale. Seuls ceux qui seront absolument capables d’un gouvernement ferme, inflexible jusqu’à la cruauté, en recevront les rênes de nos Sages.

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