FÊTE DU LOTUS BLANC 8 MAI 2026
Le 8 Mai, tous les ans, les théosophes commémorent l’anniversaire de la mort de
H.P. Blavatsky (fête du LOTUS BLANC), assurément l’une des plus grandes
occultistes du 19ème siècle.
En unisson avec les théosophes du monde entier je me joins à eux pour célébrer le passage bref de cette étoile sur cette terre.
Le LOTUS BLANC est « un excellent symbole de sa vie et de sa mission, des difficultés qu’elle a rencontrées, de la manière dont elle travaillait et de l’idéal qu’elle montra.
Mme Blavatsky a passé sa vie à décortiquer dans ses écrits nombre de paraboles, de mythes et de symboles. Parmi les symboles décryptés, c’est probablement le Lotus qui par son caractère universel symbolise le mieux son enseignement spirituel et la promesse divine présente en tout homme. Cette plante mystérieuse et sacrée fut, de tout temps, considérée comme le symbole de l'Univers, en Égypte comme aux Indes. Pas un monument dans la vallée du Nil, pas un papyrus, où cette plante n'ait eu sa place d'honneur. Depuis les chapiteaux des colonnes égyptiennes jusqu'aux sièges et à la coiffure des rois-dieux, le lotus se retrouve partout symbolisant l'Univers.
L'aspect le plus fascinant du lotus bleu (Nymphaea caerulea) pour les Égyptiens était son comportement biologique. La fleur se ferme et s'immerge la nuit pour s'épanouir à nouveau au-dessus de l'eau au lever du soleil. Ce cycle quotidien était perçu comme une métaphore de la résurrection après la mort. Cette conception se retrouve dans son usage funéraire : On plaçait souvent des lotus (ou des amulettes en forme de lotus) dans les tombes pour aider le défunt à renaître dans l'au-delà.
Selon certains mythes, un lotus géant a émergé des eaux primordiales (le Noun) au début des temps. De cette fleur est né le dieu Néfertoum (Nfr-Tm), souvent représenté portant une coiffe en forme de lotus. Il personnifiait le premier parfum qui a embaumé le monde et la lumière solaire naissante.
L'Égypte ancienne était divisée en deux régions géographiques et politiques. Le lotus jouait un rôle clé dans l'héraldique royale :
- La Haute-Égypte : Symbolisée par le lotus.
- La Basse-Égypte : Symbolisée par le papyrus.
Ces 2 symboles (papyrus et lotus) se retrouvent dans le Séma-Tawy : C’est un symbole composé des deux plantes emblématiques de la Haute et la Basse-Égypte, respectivement le lys et le papyrus, nouées autour du hiéroglyphe "sema" symbolisant la trachée artère et le cœur signifiant "unir". Symboliquement réunies, les Deux-Terres vivent en paix sous l'autorité du Pharaon.
Le lotus bleu possédait des propriétés psychotropes légères. Les Égyptiens l'utilisaient lors de banquets et de rituels religieux pour atteindre un état d'euphorie ou de transe, facilitant ainsi la communication avec le divin. Il représentait la pureté car, bien qu'il pousse dans la boue, la fleur reste parfaitement propre et éclatante en surface.
Ainsi cette plante devint nécessairement un attribut indispensable de tout Dieu créateur comme de toute déesse – cette dernière n'étant, en philosophie, que l'aspect féminin du Dieu, androgyne d'abord, mâle ensuite.
Selon Blavatsky, la fête du Lotus « blanc » est un rappel métaphysique du premier état indifférencié du "monde" (le LOTUS D'OR) avant que ce lotus ne devienne "BLANC" et avant que ce deuxième état ne dégénère à son tour en "BLEU". Cependant en accord avec l’Égypte ancienne nous devons nuancer cette approche très « moderne » et peu soucieuse de la conception des anciens égyptiens.
En réalité, les deux fleurs (lotus bleu et blanc) poussaient côte à côte dans les eaux du Nil, et les Égyptiens de l'Antiquité savaient parfaitement les distinguer. Si les deux partageaient le thème général de la fertilité, leurs rôles mythologiques et leurs "personnalités" étaient bien différents.
Le Lotus Bleu symbolisait le Ciel et le Soleil, il était dans ce sens le plus sacré des deux, considéré comme le symbole par excellence de la divinité et de l'éveil (directement lié à Râ et la lumière active).
Le Lotus Blanc quant à lui était le symbole de la Nuit et la de Pureté nocturne (associé à la lune, aux étoiles et au monde de l'invisible). Sa symbolique était plus douce, souvent liée au repos et à la régénération silencieuse, car contrairement au lotus bleu, le lotus blanc s'épanouit la nuit et se ferme le matin.
Loin de l'idée de la dégénérescence dont parle Blavatsky, pour les Égyptiens ces deux lotus symbolisent deux états de conscience alternant la conscience Diurne et Nocturne au sens où nous l’entendons.
En Inde, c'est du Padma-Yoni – « le sein du lotus » – de l'Espace absolu ou de l'Univers, en dehors du temps et de l'espace, qu'émane le cosmos conditionné et limité par le temps et par l'espace. Le Hiranya Garbha, « l'œuf » (ou la matrice) d'or, d'où surgit Brahmâ est nommé souvent le lotus céleste.
Le dieu
Vishnou, la synthèse du trimourti ou la trinité hindoue, flotte assoupi,
pendant les « nuits de Brahmâ », sur les eaux primordiales, étendu sur une
fleur de lotus. Sa déesse, la belle Lakshmi, surgissant comme la Vénus
Aphrodite du sein des eaux, a, sous les pieds, un lotus blanc. C'est au
barattage, par les dieux réunis, de l'Océan de lait - symbole de l'espace et de
la voie lactée – que, formée de l'écume des ondes 'crémeuses, Lakshmi, déesse
de la beauté et mère de l'amour (Kama), apparut devant les dieux émerveillés,
supportée par un lotus et tenant à la main un autre lotus.
De là, les deux principaux titres de Lakshmi : padma, le lotus, et Kshirabdhi-tanayâ
– fille de l'Océan de lait... Gautama, le Bouddha, qui ne fut jamais dégradé au
niveau d'un dieu, étant, néanmoins, le premier mortel hardi qui, à l'époque
historique, interrogea le sphinx muet qu'on nomme l'Univers, et finit par lui
arracher les secrets de la vie et de la mort, quoique jamais déifié – nous le
répétons – fut, cependant, reconnu par les générations en Asie comme dominant
l'Univers. Et c'est pourquoi ce vainqueur et maître du monde intellectuel et
philosophique est représenté assis sur un lotus épanoui – symbole de cet
univers deviné par lui. Aux Indes et à Ceylan, le lotus est généralement
couleur d'or ; parmi les bouddhistes du Nord, il est bleu.
Mais il existe, de par le monde, une troisième espèce de lotus, le Zizyphus. Celui qui en mange oublie sa patrie et ceux qui lui sont chers, disaient les anciens. Ne suivons pas cet exemple ; n'oublions pas notre patrie intellectuelle, le berceau de la race humaine, et le lieu de naissance du lotus bleu.
Levons donc le voile de l'oubli qui recouvre une des plus anciennes allégories, une légende védique, que les chroniqueurs Brâhmes ont cependant préservée. Seulement, comme ces chroniqueurs la racontent chacun à sa manière et y ajoutent des variations (1), nous l'avons donnée ici, non d'après les versions et traductions incomplètes de Messieurs les Orientalistes, mais d'après la version populaire. C'est ainsi que la chantent les vieux Bardes du Rajistan lorsqu'ils viennent, pendant les soirées chaudes de la saison des pluies, s'asseoir sous la véranda du bungalow des voyageurs. Nous laissons donc les orientalistes à leurs spéculations fantaisistes. Que nous importe que le père du prince poltron et égoïste qui fut la cause de la transformation du lotus blanc en lotus bleu s'appelât Harischandra ou Ambarisha ? Les noms n'ont rien à faire, ni avec la poésie naïve de la légende, ni avec sa morale – car on en trouvera une, si l'on cherche bien. Remarquons plutôt que l'épisode principal rappelle curieusement une autre légende – celle de l'Abraham biblique et du sacrifice d'Isaac.
N'est-ce point une preuve de plus que la doctrine Secrète de l'Orient pourrait bien avoir raison de soutenir que le nom du patriarche n'est ni un nom chaldéen, ni un nom hébreu, mais bien une épithète et un surnom sanskrits signifiant a-bram, c'est-à-dire un non brâhme (2), un brâhme débrahmanisé, ou déclassé et ayant perdu sa caste ? Ensuite, comment ne pas soupçonner, dans les Juifs modernes, les Tchandalas des temps du : Rishi Agastya, – les ouvriers en briques, dont la persécution commença il y a 8.000 ou 10.000 ans, mais qui émigrèrent en Chaldée 4.000 ans avant l'ère chrétienne, lorsque tant de légendes populaires dans l'Inde du Sud rappellent les récits bibliques ? Louis Jacolliot en parle dans plusieurs de ses vingt et un volumes sur l'Inde brahmanique, et il a raison, pour cette fois."
KHEMXNUM