lundi 25 mai 2026

ADAM ET EVE (PARABOLE SUR LES « PSEUDO-KABBALISTES)

 


Tout le monde connaît l'histoire de la pomme d'Adam et d'Aïcha?

Vous ne saviez pas qu'Eve s'appelait Aïcha dans le GAN Eden ?

Elle fut renommée EVE en place d'AICHA, par Adam juste après que la justice de l’ÉTERNEL, sans appel, les eut condamnés à mort par ces mots : "Tu es poussière et tu retourneras en poussière".

Lorsqu'ils furent chassés du Paradis (pas terrestre) ils se retrouvèrent seuls, nus, au milieu du désert. Décontenancés par la brusque âpreté du décor, la tête et le cœur lourds des grondements cosmiques de la colère divine, coupables, misérables, piètres et pleutres, frileux de honte ils se tenaient serrés l'un contre l'autre dans l'âpre cadre minéral uniquement composé de rocs, de pierrailles, de caillasses et sables stériles.

En cette vesprée du monde les fautifs marchèrent sur leur ombre afin de fuir l'astre du jour brûlant qui leur rappelait trop la rigueur et le courroux qu'ils avaient provoqué. Ils marchèrent longtemps, longtemps... Épuisé, assoiffé, affamé Adam marchait distant à 40 pas devant la femme coupable.

Lorsque le soleil commença son déclin, constatant qu'Adam avançait avec de plus en plus de difficulté et pour tenter de se faire pardonner, Ève, naturellement plus endurante, rattrapa sans peine Adam et lui montra ce qu'elle conservait au creux de ses paumes.......Le TROGNON. 

Le trognon de paumes, le trognon des paumés...

Le regard d'Adam s'adoucit. Étant sa seule compagnie, son unique compagne, il ne pouvait pas continuer sempiternellement à la bouder. Ils s'assirent, s'embrassèrent et Eve émue eut une larme qui glissa sur ses joues fraîches, son joli menton et tomba enfin sur le sol où elle fit jaillir une source.

Ils purent ainsi s'abreuver et achevèrent de consommer les restes de la fameuse pomme de discorde.

Lors du partage du trognon, sans bruit, un pépin se détacha et chut sur la terre humide. Dans le silence, un pépin chut et crût. Il crût si rapidement qu'il fut bientôt un arbre magnifique aux majestueuses ramures.

C'était, à vrai dire, un curieux pommier car il se couvrait de feuilles et de fruits noirs, de fruits savoureux où se mêlait le goût des myrtilles, des prunelles, des figues et des raisins noirs.

Nos deux aïeux s'en rassasièrent abondamment prenant un véritable bain de "baies noires" ignorants qu'il s'agissait des fruits de l'Arbre de la Méconnaissance.

Lorsqu'ils furent repus ils s'allongèrent au pied de leur miraculeux hôte et s'endormirent innocemment.

Alors les feuilles se mirent à chuchoter car, vous auriez pu vous en douter, l'arbre de la méconnaissance est un arbre bavard. Chacun s'y prend pour un fieffé cabaliste. Les discussions à voix basse concernaient les deux êtres épuisés qui sommeillaient sous leur protection. Chacune des feuilles proposant son hypothèse sur le destin et le sort des malheureux. Certains affirmant qu'ils étaient martiens, jupitériens, lunatiques ou atlantes.

D'où pouvaient venir ces étranges animaux inconnus ? Mais bien vite la discussion s'anima. Chacune voulant avoir raison et l'imposer aux autres. On se mit à glousser sournoisement. Des rires étouffés et moqueurs de pucelles visaient de leurs flèches acérées les deux êtres abandonnés. Les murmures des commères s'amplifièrent de rumeurs sourdes en clameurs lourdes. Puis les feuilles se mirent à s'en prendre les unes aux autres. Elles haussèrent le ton.

Celles qui furent à l'origine de la polémique, les plus hautaines, sous un air modeste étaient celles du sommet de l'arbre. Elles affirmaient que leur position au plus près du Ciel, de la Lumière et donc de la Vérité Suprême leur donnait d'emblée le privilège de détenir les clefs de l'Ultime Réalité qui leur appartenaient en propre donc leur explication était la seule valable. Par en bas, les grandes feuilles se moquaient des petites, les rondes des pointues, les lisses des ébréchées, les charnues riaient des frêles, les fortes méprisaient les faibles, les rigides raillaient les souples, les jeunes méprisaient les vieilles, celles des branches du dessus crachaient des gouttes empoisonnées sur celles du dessous, celles exposées au levant prétendaient être plus éveillées. Celles du sud disaient qu'elles récoltaient tout le soleil qui profitait aux fainéantes de l'ombre.

Celles situées près du tronc se disaient de sang pur car héritières de la première sève. Chacune trouvait une bonne raison pour démontrer qu'elle était supérieure à sa voisine. Certaines fulminaient, jetaient des sorts, émettaient des fumets empoisonnés pour essayer d'éliminer les feuilles du haut. Muent par un vent de folie, elles se mirent à se frapper l'une l'autre. Il se fit un tel brouhaha, puis un raffut si intense qu'Adam et Ève, réveillés en sursaut, durent partir et, de nouveau chassés, marchèrent, marchèrent, marchèrent dans la nuit pour fuir au plus loin la Pomme, son Trognon et les Pépins de l'Unité Rompue.

AUTEUR ANONYME

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