lundi 12 janvier 2026

A PROPOS DU BAPHOMET

 

 
Les templiers pratiquaient un "culte de la tête" que les francs-maçons se remémorent à travers le rituel du "signe pénal" (signe de reconnaissance des membres au Premier degré d'Apprenti dans certaines loges). 
 
                                                                             

Ce culte fut perçu lors du procès des templiers comme une idolâtrie et se répandit ultérieurement dans l'imaginaire comme le culte de Baphomet, auquel certains ont tenté de donner une multitude de sens à travers l'exégèse de l’étymologie de ce mot. Pour les premiers, Baphomet viendrait de Baphé-métous : le baptême de sagesse ; Bios-phos-métis : vie-lumière-sagesse ; Bastet-Pho-Metis: Lumière et sagesse de Bastet (l'allusion à Bastet divinité égyptienne est très intéressante car dans la tradition luciférienne elle joue un rôle important). Bapho ou Bafo est le nom d’un port de l’île de Chypre qui fut, pendant une courte période, possession du Temple ; Ptah-Sekhmet est la contraction des noms des dieux égyptiens de la ville de Memphis. Lors du procès des Templiers l’un des chevaliers interrogés, Guillaume de Giac, du diocèse de Besançon, dit que c’est « dans l’île de Chypre, et dans la ville de Limesson », qu’il avait vu la tête qui était l’objet d’un culte secret des Chevaliers. Le Frère Gaucher vit la même tête deux fois à Paris. Voici une citation intéressante: « L’horrible et merveilleuse histoire de la tête parlante est racontée dans les fragments [trouvés par M. Dozy] avec détails. Le patriarche jacobite Dionysius 1er raconte qu’en 765, un homme destiné à être immolé, averti du danger qui le menaçait par la vue de la tête sanglante de son prédécesseur, réussit à s’enfuir et accusa les prêtres harraniens auprès du préfet de la Mésopotamie, Abbas, frère du calife al-Mançour, qui les punit sévèrement. Mamoun dit, en 830, aux députés harraniens : "Vous êtes sans doute ces gens de la tête (parlante) à qui mon père Rachid à eu affaire". D’après le morceau de la Ghâya, c’est à l’époque du calife al-Moctadir qu’en entrant inopinément dans le temple on aurait découvert la tête, qu’on aurait alors ensevelie.

Au sujet de la préparation de la tête, la tradition sabéenne rapporte ceci: « quand le soleil entre dans le signe du Lion, ils (les Sabéens) font venir de Chypre un garçon blond » 
 
                                                                          

qu’ils conduisent au temple dit la maison du serpent, le placent dans le puits creusé contenu dans ce temple, le trempent dans l’huile de sésame, lui font manger des feuilles de roses rouges séchées dans une espèce de soupe faite de sept ingrédients : moutarde, lentilles, pois chiches, riz, pois mungo, lupins et blé. Au 28 jour du mois (mai) on le fait éternuer au moyen d’une poudre qu’on lui donne après l’avoir rendu aveugle, on le mène à un chemin qui n’est guère fréquenté, on sépare sa tête de son corps, que l’on enterre, puis on porte sa tête au temple de Câdî (situé près d’une porte de Harran) où on la place sur une colonne, et alors elle pousse un grand hurlement. Là-dessus ils pronostiquent que le nombre des Sabéens augmentera ou diminuera, et qu’ils seront heureux ou malheureux. » (Mémoire posthume de M. Dozy contenant de nouveaux documents pour l'étude de la religion des Harraniens). « La cérémonie de la tête humaine est pratiquée par une des nations qui ont le culte des astres. Ils placent cette tête vis-à-vis du garçon qui subit l’épreuve. Pour obtenir la tête il s’emparent d’un garçon blond aux yeux d’un bleu très foncé et mêlé de rouge, aux sourcils réunis, à chevelure abondante... il y a des variantes à cette histoire. La tête est placée dans une niche sur un monceau de cendres d’olives criblées auxquelles on a mêlé une petite quantité de cendres produites par la crémations des corps. Ils garnissent le tout de coton épluché. Ils brûlent de l’encens près de la tête, et celle-ci leur fait des révélations sur la cherté des vivres ou le bon marché, sur les changements de dynasties et sur les événements futurs. Son œil ne cesse pas de voir, quoiqu’il n’ait plus la faculté de cligner. S’ils ont négligé quelques cérémonies du cultes des astres, le tête réclame la réparation. ... Au temps du calife al-Moctadir, le magistrat eut avis de leurs manèges ; on entra dans le temple, chassa les prêtres et trouva la tête, qu’on enterra. »


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire