A PROPOS DU BAPHOMET
Les
templiers pratiquaient un "culte de la tête" que les francs-maçons se
remémorent à travers le rituel du "signe pénal" (signe de
reconnaissance des membres au Premier degré d'Apprenti dans certaines
loges).
Ce culte fut perçu lors du procès des templiers comme une
idolâtrie et se répandit ultérieurement dans l'imaginaire comme le
culte de Baphomet, auquel certains ont tenté de donner une multitude de
sens à travers l'exégèse de l’étymologie de ce mot. Pour les premiers,
Baphomet viendrait de Baphé-métous : le baptême de sagesse ; Bios-phos-métis : vie-lumière-sagesse ; Bastet-Pho-Metis: Lumière et sagesse de Bastet
(l'allusion à Bastet divinité égyptienne est très intéressante car dans
la tradition luciférienne elle joue un rôle important). Bapho ou Bafo
est le nom d’un port de l’île de Chypre qui fut, pendant une courte
période, possession du Temple ; Ptah-Sekhmet
est la contraction des noms des dieux égyptiens de la ville de
Memphis. Lors du procès des Templiers l’un des chevaliers interrogés,
Guillaume de Giac, du diocèse de Besançon, dit que c’est « dans l’île
de Chypre, et dans la ville de Limesson », qu’il avait vu la tête qui
était l’objet d’un culte secret des Chevaliers. Le Frère Gaucher vit la
même tête deux fois à Paris. Voici une citation intéressante: «
L’horrible et merveilleuse histoire de la tête parlante est racontée
dans les fragments [trouvés par M. Dozy] avec détails. Le patriarche
jacobite Dionysius 1er raconte qu’en 765, un homme destiné à être
immolé, averti du danger qui le menaçait par la vue de la tête
sanglante de son prédécesseur, réussit à s’enfuir et accusa les prêtres
harraniens auprès du préfet de la Mésopotamie, Abbas, frère du calife
al-Mançour, qui les punit sévèrement. Mamoun dit, en 830, aux députés
harraniens : "Vous êtes sans doute ces gens de la tête (parlante) à qui
mon père Rachid à eu affaire". D’après le morceau de la Ghâya, c’est à
l’époque du calife al-Moctadir qu’en entrant inopinément dans le
temple on aurait découvert la tête, qu’on aurait alors ensevelie.
Au
sujet de la préparation de la tête, la tradition sabéenne rapporte
ceci: « quand le soleil entre dans le signe du Lion, ils (les Sabéens)
font venir de Chypre un garçon blond »
qu’ils
conduisent au temple dit la maison du serpent, le placent dans le
puits creusé contenu dans ce temple, le trempent dans l’huile de
sésame, lui font manger des feuilles de roses rouges séchées dans une
espèce de soupe faite de sept ingrédients : moutarde, lentilles, pois
chiches, riz, pois mungo, lupins et blé. Au 28 jour du mois (mai) on le
fait éternuer au moyen d’une poudre qu’on lui donne après l’avoir
rendu aveugle, on le mène à un chemin qui n’est guère fréquenté, on
sépare sa tête de son corps, que l’on enterre, puis on porte sa tête au
temple de Câdî (situé près d’une porte
de Harran) où on la place sur une colonne, et alors elle pousse un
grand hurlement. Là-dessus ils pronostiquent que le nombre des Sabéens
augmentera ou diminuera, et qu’ils seront heureux ou malheureux. »
(Mémoire posthume de M. Dozy contenant de nouveaux documents pour
l'étude de la religion des Harraniens). « La cérémonie
de la tête humaine est pratiquée par une des nations qui ont le culte
des astres. Ils placent cette tête vis-à-vis du garçon qui subit
l’épreuve. Pour obtenir la tête il s’emparent d’un garçon blond aux yeux
d’un bleu très foncé et mêlé de rouge, aux sourcils réunis, à
chevelure abondante... il y a des variantes à cette histoire. La tête
est placée dans une niche sur un monceau de cendres d’olives criblées
auxquelles on a mêlé une petite quantité de cendres produites par la
crémations des corps. Ils garnissent le tout de coton épluché. Ils
brûlent de l’encens près de la tête, et celle-ci leur fait des
révélations sur la cherté des vivres ou le bon marché, sur les
changements de dynasties et sur les événements futurs. Son œil ne cesse
pas de voir, quoiqu’il n’ait plus la faculté de cligner. S’ils ont
négligé quelques cérémonies du cultes des astres, le tête réclame la
réparation. ... Au temps du calife al-Moctadir, le magistrat eut avis
de leurs manèges ; on entra dans le temple, chassa les prêtres et
trouva la tête, qu’on enterra. »



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