dimanche 18 janvier 2026

LA CHAOS MAGICK ET SES RELATIONS PÉRIPHÉRIQUES AVEC LA MAGIE : PROCÈS EN INVALIDATION DE LA CHAOS MAGICK PARTIE I

 


Pour illustrer notre position sur la CHAOS MAGICK et ses dérivés, nous partirons de AUSTIN OSMAN SPARE. Dans son « THE BOOK OF PLEASURE », il dit :



« En conséquence, reconnaissez les Charlatans à leur amour des robes somptueuses, de la cérémonie, du rituel, des retraites magiques, des conditions absurdes, et d’autres stupidités encore, trop nombreuses pour être citées. Toute leur doctrine est un étalage de vantardise, une lâcheté tiraillée par la soif de notoriété ; leur norme étant tout ce qui n’est pas nécessaire, leur échec garanti à coup sûr. C’est pourquoi ceux qui possèdent une certaine compétence naturelle la perdent vite au contact de leur enseignement. »
– Le Livre du Plaisir, p. 48-49

 En octobre 1907, Spare monte sa première exposition à la Brutton Gallery de Londres. Le contenu de cette exposition attire alors l’attention d’Aleister Crowley. Une collaboration entre Spare et Crowley s’en suit vers 1908 et Spare est accepté comme « Probationnaire » de l’Argenteum Astrum de Crowley en 1909.

 


 Il contribuera également à la publication de The Equinox en fournissant quatre dessins.

  Quelle que fût la nature de la relation entre Crowley et Spare, celle-ci ne dura pas longtemps et un passage du Livre du Plaisir ne laisse planer aucune ambiguïté quant au regard que Spare portait sur la magie cérémonielle ou les magiciens :

« Certains louent la magie cérémonielle, et l’on dit qu’ils expérimentent une grande extase ! Nos asiles sont emplis, la scène déborde ! C’est par la symbolisation que nous sommes symbolisés ? Dois-je me couronner moi-même roi, dois-je être un roi ? Je devrais bien plutôt être un objet de dégoût et de pitié. Ces magiciens, dont la malhonnêteté est la sauvegarde, ne sont rien que des dandys oisifs de bordels ».

Cette vision de la magie cérémonielle et de la scène magique en générale est caractéristique des "adeptes" qui se meuvent dans la sphère "chaoticienne", et il est important de faire de la pédagogie en la matière pour éviter bien des incompréhensions. Lorsqu'un "adepte" de la magie du chaos se présente devant l'antichambre d'un corps magique organisé, il porte en lui ce regard de Spare sur la magie. Ce regard (ce refus de l'univers magique dit "classique") parce que non formulé clairement entraîne des échanges sous forme de quiproquos.
D’après les contempteurs der Spare, son système magique qu’il nomme le « Kiaïsme » ne plonge ses racines dans aucune autre tradition ; le terme lui-même est original. Il prend naissance dans son premier livre, Earth Inferno (1905), et est défini dans The Book of Pleasure (1913).
 

Le "Kiaïsme" est fondé sur le concept de « Kia » qui se présente comme une doctrine, une philosophie et une magick axées sur les signes tangibles et les représentations concrètes des expériences mystiques. La qualité du « Kia » est définie comme étant « non potentielle ou manifestée » ou comme « le quantum vierge par l’exubérance duquel nous sommes arrivés à l’existence ». S’il se trouve d’autres références aux qualités du « Kia » dans l’œuvre de Spare, il a toujours préféré cependant ne jamais le définir avec précision, car « moins on en parle (du Kia), et moins il est obscur »!
La réelle difficulté que Spare rencontre pour forger une définition claire du « Kia » réside dans son immense dégoût pour toute « doctrine » en général qui l’empêche de construire sur d’autres sources que ses propres écrits.
Peter Carroll, quant à lui, définit le « Kia » en ces termes : « l’unité qui apparaît à l’esprit afin d’exercer les fonctions jumelles de la volonté et de la perception est appelée Kia par les magiciens. Parfois, on l’appelle esprit ou âme ou force de vie ».
L’état suprême dans le Kiaïsme, le « Kia », est posé comme « la liberté absolue qui, étant libre, est assez puissante pour devenir « la réalité » en toute liberté à tout moment : par conséquent, il n’est ni potentiel ni manifeste (sauf comme une possibilité instantanée) par des « idées de liberté » ou par des « moyens », mais par l’Ego libéré pour le recevoir, étant libéré des idées à son propos, et en ne croyant pas en lui ».
Le Kiaïsme considère la Croyance et le Désir comme une grande dualité. Dans ce système, l’Ego est une partie du Moi qui appartient à un Être, tandis que le Moi comprend tout l’Être. Chaque humain est à la fois volonté et désir. Ce désir imagine une nouvelle croyance et la croyance, au moyen de la conceptualisation, émet de nouvelles idées de l’Ego. Spare nomme ces idées les « ramifications de la croyance » qui forment les différentes personnalités de l’Ego. Mais la volonté n’est que partielle, la Volonté réside dans le royaume du Moi, elle appartient au « Kia ».

Question : Sommes-nous, membres de l’OFS aux antipodes du "kiaïsme" ?

1-Éliminons les raccourcis trop faciles qui peuvent découler d'une interprétation trop littérale de la pensée de Spare (nous lui ferions injure en n’en comprenant pas l’essentiel) : Nous pratiquons en général (lors de nos rituels) dans des robes. Je ne sais si elles sont somptueuses, mais nous ne sommes pas certains que le goût de l’apparat puisse servir de mesure à la médiocrité magique. Le manque de résultats probants, certainement...

2-Notre amour pour le cérémonial, le rituel, les retraites est intact et évident. Nous réclamons le maintien de la TRADITION dans ce qu'elle a de VIVANT, et cette attitude, pour absurde qu'elle paraisse aux yeux des "modernes" qui ne jurent que par l'Ère du Verseau et par la "nouveauté de ce qu'apporte cette nouvelle DISPENSATION", est liée à notre vision cyclique des choses (certains diraient AEONIQUE): "il n' y rien de nouveau sous le soleil comme le disait déjà l'ECCLESIASTE, tout est perpétuel recommencement. Le "bond qualitatif" ou "spirituel" que nous pensons voir est une donnée préexistante à la race dans son ensemble, il était déjà là. La formulation actuelle de certaines doctrines magiques se trouve déjà en filigrane dans les formulations traditionnelles des doctrines antiques.
Ici encore bien que comprenant la pensée de Spare, nous nous écartons de tous ceux qui déduiraient rapidement que chaque fois qu’un rituel complexe est exécuté, chaque fois qu’une robe somptueuse est exhibée, la magie perd de son souffle. Seule l’absence de continuité magique conduit à la sclérose de la magie, et il est vrai que cette « absence de continuité magique » se rencontre beaucoup plus dans les TEMPLES DE PIERRE que dans les TEMPLES NATURELS là où souffle l’Esprit sans aucune entrave, mais quelques mages des Temples de PIERRE se relient malgré tout à la puissance originelle du DRAGON. Une précision encore : dans notre vision des choses, le travail skyclad (NU) en groupe ou en solitaire ne s'oppose pas au travail en robe (tout est une question d'attitude, de moment).


3-Nous partageons la totalité des BUTS du LIBER KKK de Caroll (présenté comme une alternative à la magie sacrée d'Abramelin le Mage)

 


Ces buts n’étant en rien propres à la magie du Chaos, ils sont l’illustration parfaite de ce que nous affirmons : il existe au-delà de l’attrait des modernes pour la nouveauté, une « continuité de contact » au niveau de la transmission magique. Une tradition magique véritable repose donc sur ces piliers, et ceux qui prétendent en être les héritiers ou les dépositaires, doivent exceller dans ces 5 domaines :
[Les 5 'conjurations' ou actes magiques classiques:]
A-L'ÉVOCATION est le travail avec des entités d'origine naturelle ou fabriquée. Celles-ci peuvent être considérées comme des esprits indépendants, des fragments du subconscient du mage, ou l’égrégore de diverses espèces ou formes de vies, selon les préférences et les structures de croyance. Dans la pratique, l'Évocation est utilisée pour l'Enchantement, faisant en sorte que les entités évoquées créent des effets pour le bénéfice du mage. Les entités peuvent aussi être évoquées dans les opérations de Divination, quand le magicien les utilise pour obtenir des informations.
B-La DIVINATION inclue toutes les pratiques lors desquelles le magicien essaie d'étendre sa perception par des moyens magiques.
C-L'ENCHANTEMENT inclue toutes les pratiques lors desquelles le magicien tente d'imposer sa volonté à la réalité.
D-L'INVOCATION est la syntonie délibérée de la conscience et de l'inconscient au moyen de quelque foyer de pensée archétypale ou significative. On a l'habitude d'employer les conceptions classiques des formes divines Païennes, mais on peut également se servir d'autres principes. L'Invocation crée des états d'inspiration ou de possession au cours desquels on peut pratiquer l'Enchantement, la Divination ou occasionnellement l'Évocation.

E-L'ILLUMINATION est l'auto modification délibérée au moyen de la magie et peut inclure l'acte de jeter les sorts d'Enchantement sur soi-même pour réparer les faiblesses et fortifier les talents, et la pratique de la Divination et de l'Invocation à des fins d'inspiration et de direction.
Ainsi, toutes les opérations magiques sont basées sur l'usage de la volonté, de la perception et de l'imagination, ce qui équivaut à dire qu'elles sont toutes une forme d'Enchantement ou de Divination. L’Imagination est produite lorsque la volonté et la perception se stimulent l'une contre l'autre...

FIN de la PREMIÈRE PARTIE...


KHEMXNUM

vendredi 16 janvier 2026

LES 11 NIVEAUX INITIATIQUES DE LA PROGRESSION MAGIQUE VERS L'UNIVERS B : LHP VERSUS MAGIE NOIRE

 


Comprendre les étapes de la voie que vous avez décidé de suivre, et ce même de façon "intellectuelle" au début, en accepter la "vérité" est CAPITAL pour la suite de votre parcours. Bien souvent sur de nombreux sites, le vision palingénésique de la progression au travers des qliphots est raillée, sans que nos détracteurs apportent des éléments convaincants sur l’impossibilité d'une telle progression. L'une des difficultés qui entoure la conception d'une telle "progression" est lié au caractère "destructeur" des qliphots. La destruction étant opposée à l'ordre, il apparaît alors impossible que les qliphots puissent conduire à autre chose qu'à l'annihilation complète de l'être (sa perte, sa damnation).

Partant du principe que ces structures chaotiques sont opposées à l'être (au PRINCIPE) représenté par les séphiroth, elles sont alors présumées ne pouvoir contenir autre chose que l'absence de tout PRINCIPE. À la verticalité ascendante (progression vers le zénith) de l'ascension séphirotique s'oppose alors la verticalité descendante (la chute vers le Nadir) de la "progression" qliphotique.

Nous rappelons que selon les VMG (voies de la Main Gauche) axées sur la kabbale - elles ne le sont pas toutes, certaines se tournent vers la magie nordique ou les voies intégrant des traditions dérivées du Vaudou-, la progression nocturne se fait selon les 11 étapes suivantes :


1. Lilith 1.0°. Les portes de l'inconnu.


2. Gamaliel 2.0°. Les rêves sombres, la magie astrale, la sorcellerie, les mystères de la Lune noire, la Déesse des ténèbres.


3. Samael 3.0°. La philosophie de la voie de la main gauche, la sagesse de la démence, la magie yézidi, le côté obscur des Chakras.


4. A'arab Zaraq 4.0°. La magie luciférienne, le côté obscur de Vénus, le mysticisme érotique, la voie du guerrier.
5. Thagirion. 5.0°. L'illumination du côté nocturne, le soleil noir, l'union du dieu et de la bête.


6. Golachab 6.0°. Ragnarok, l'activation de Surt/Sorath, le magnétisme du désir et de la souffrance.


7. Gha'agsheblah 7.0°. Les niveaux supérieurs du mysticisme érotique, les préparations pour l'abysse.


8. Satariel 8.0°. L'ouverture de l'œil de Lucifer/Shiva/Odin, le principe de Drakon.


9. Ghagiel 9.0°. L'allumage de l'étoile luciférienne.


10. Thaumiel 10.0°. L'accomplissement de la promesse faite par le serpent, divinité.

11 Thaumiel 11.0°. Le trou noir, un pas dans la nouvelle création, l'Univers B.

 


Pour un pratiquant de la magie séphirotique (un pratiquant RHP), nul doute que ce schéma sème le trouble, les qliphots étant conçus comme étant à l'opposé de toute conscience et la réintégration ne pouvant se concevoir par le « chaos ». En effet, pour les praticiens RHP (Crowley à ses débuts le concevait également ainsi), la Magie "Blanche" se caractérise par la verticalité de l'intention et du but (bien qu'intention et but se confondent en réalité), verticalité ou intentionnalité toutes axiale ou "positive". L'orientation "polaire" ou "céleste" de l'intention est "Élévation". C'est la reconnaissance immédiate que le pôle suprême (qu'il soit externalisé ou internalisé : extase ou entase) est l'Orient Éternel (l'Orient des Lumières) : la seule source de toute jouissance.

Dans une vision moins dualiste, certaines voies magiques admettent que l'intention magique puisse culminer à travers la Réconciliation des deux pôles de la négation descendante (qliphots) et de l'affirmation ascendante (séphiroth) que sont "Lucifer" et "Satan" (c’est ce que je démontre dans mon livre HOMO MAGICUS). 


 Il en résulte le rétablissement de la circulation énergétique et la réintégration des êtres (et strictement parlant, certains ordres LHP comme Dragon Rouge, le TOS, l’OFS se situent dans cette optique). La Magie "blanche" est dans sa finalité, reconnaissance et collaboration avec la "Structure Absolue" ou la "Hiérarchie Absolue" constituée par ceux qu'Eckarstshausen (dans la "Nuée sur le Sanctuaire") appelle "L’Église cachée du Saint Graal" (représentés collectivement par l'Ermite du Tarot) et qui seuls possèdent la clé de la reconstitution du corps de gloire énergétique garant de notre accession à l'immortalité.
Cette voie est celle que prône l’OFS, une voie qui n’a rien à voir avec la « magie noire » !


Qu'est-ce alors que la MAGIE NOIRE ? (Une des formes de LA LHP mais non LA forme exclusive)? Crowley a ses débuts définissait ainsi la magie noire :

"Le seul Rituel Suprême (utile en magie) est l'obtention de la connaissance et conversation du Saint Ange Gardien. C'est l'élévation de l'homme tout entier sur une ligne droite orientée à la verticale. Toute déviation de cette ligne tend à devenir magie noire, toute autre opération est magie noire. Dans la véritable opération, l’Élévation est équilibrée par une expansion des trois autres branches de la Croix. C'est pourquoi l'Ange donne immédiatement à l'Adepte pouvoir sur les Quatre Grands Princes et leurs serviteurs."

Aleister Crowley, Magick IV, Ch XXI (De la Magie noire, des pactes avec le diable, des principaux genres d'opérations de l'art Magick, et des pouvoirs du Sphynx).

Dans les faits, la vraie « Magie noire » se caractérise fondamentalement par la négation de la verticalité axiologique des séphiroth. Elle est "culture" de la verticalité descendante et de l'entropie, elle favorise l’éparpillement ou la dispersion "chorozonique" (l’approche du 333).

C'est la voie de ceux qui consciemment refusent (ET CES MOTS ONT UN SENS !) de consentir à l'anéantissement du moi et, volontairement, par le biais de pratiques dissolvantes et corrosives, s'enferment dans la subjectivité égotique (il y a ici une clef majeure de compréhension).

NB : je rappelle que tous les praticiens de la VMG ne sont pas automatiquement des « magiciens noirs », les membres de l’OFS ne se réclament pas de la « magie noire » !

 
KHEMXNUM

jeudi 15 janvier 2026

L’AFRIQUE OU L’ART D’ACCOMMODER L’OCCULTISME A TOUTES LES SAUCES : LE MIROIR AUX ILLUSIONS

 



Très souvent (trop souvent) des membres nouvellement inscrits sur nos sites, ou des postulants viennent vers nous avec cette question récurrente : « Aidez-moi à devenir riche afin que je sois à mesure de m’acquitter de ma cotisation de membre », ou encore « je souhaite devenir riche par tous les moyens ».

Ce post a pour objet d’examiner les ressorts internes de ce type de demande. Nous ne posons aucun jugement quant à la sincérité d’une telle demande, nous nous posons simplement la question de la « justesse d’analyse » des postulants qui viennent avec de telles demandes.

Une littérature abondante - formée essentiellement des posts de groupes ou « ordres » dits Illuminati ou autres experts dans « l’art de faire de vous un millionnaire en 3 jours » - en Afrique, véhicule l’idée assez infantile du rôle CENTRAL ou PRIMORDIAL des Arts Occultes et des fraternités « initiatiques » dans la réussite des « grands de ce Monde ».

La légende vient de la perception erronée qu’ont les « chercheurs africains » de la « maçonnerie » et de ses supposés membres « historiques », membres dont le rayonnement personnel (l’intelligence et le génie) est à leurs yeux inexistant ou simplement dérivé, car il est perçu comme n’étant que l’ombre de la "lumière" reçue au sein de « loges secrètes ».

Aux yeux des « chercheurs africains », Diderot, Montesquieu n’ont en réalité d’autre génie personnel que celui que les loges leur ont conféré par le biais « d’initiations secrètes », dont elles sont jusqu'à ce jour les gardiennes farouches.

Il faut donc, pour espérer s’approcher de la hauteur de tels êtres, s’affilier sans plus attendre aux fraternités dont sont issus ces illustres personnages pour espérer bénéficier ici-bas du même rayonnement magique qui fit d’eux les génies de leur temps.

Une course effrénée commence alors dans la recherche de la loge maçonnique adéquate, du Cercle des Illuminati le plus proche et le plus à même de matérialiser en un clin d’œil la richesse et la prospérité des personnages dont nous envions le talent.

C’est vite oublier une réalité toute simple :

A-Wolfgang Amadeus Mozart : ce compositeur autrichien né à Salzbourg le 27 janvier 1756, décédé à Vienne le 05 décembre 1791, révèle dès l’âge de trois ans des dons prodigieux pour la musique. Ses facultés déconcertent son entourage, et incitent son père à lui apprendre le clavecin dès sa cinquième année.

Le jeune Mozart apprend par la suite le violon, l’orgue et la composition. Il sait déchiffrer une partition a prima vista et jouer en mesure avant même de savoir lire, écrire ou compter. À l’âge de six ans (1762), il compose déjà ses premières œuvres (menuets KV. 2, 4 et 5, allegro KV. 3 inscrits dans le Nannerl Notenbuch, « cahier de musique pour Nannerl »). À quatorze ans, il aurait ainsi parfaitement retranscrit le Miserere de Gregorio Allegri, œuvre religieuse complexe, non publiée, mais connue, qui dure environ quinze minutes, en ne l’ayant écouté qu’une seule fois. Comme nous le voyons la maçonnerie n’a ABSOLUMENT rien à voir avec son génie (à moins de prouver qu’il fut initié dès l’âge de 3 ans !)

Mozart n’est admis à la loge maçonnique Zur Wohltätigkeit (la Bienfaisance) qu’en 1784 à 28 ans).

B-Montesquieu : (1689-1755). Membre de l’Académie française, auteur des Lettres Persanes et de L’Esprit des Lois. L’inspirateur avec John Locke des principes d’organisation politique et sociale de nos sociétés modernes. Initié Franc-Maçon, en 1730 (il a alors 41 ans !), à la loge “Horn Tavern” Westminster, Londres.

Notons qu’en 1721 il avait déjà écrit les Lettres persanes (il n’est pas encore maçon à cette époque). Montesquieu y critique clairement de façon implicite le système monarchique sous lequel il vit : « Cette « arme fatale » créée par Richelieu consiste à réunir les trois pouvoirs (législatif, judiciaire et exécutif) sur la tête d’une seule et même personne : le Roi. Dans ce texte, Montesquieu laisse entendre la vulnérabilité et la versatilité des Français face à leur souverain. On voit donc que la trajectoire de sa pensée est déjà claire (bien avant son adhésion à la maçonnerie).

C-Diderot (l’encyclopédiste) : Denis Diderot était-il franc-maçon ?

Les historiens s’affrontent sur ce point et se jettent à la tête les « Mémoires de Bachaumont », la liste des souscripteurs de l’Encyclopédie, les rapports de Diderot avec la police et le nombre de ses amis qui constituaient la fine fleur de la Loge des Neuf Sœurs.

Mais Diderot fut-il initié oui ou non ? On sait que Voltaire le fut peu avant sa mort, que Rousseau ne le fut jamais, mais s’en vanta pour séduire Mme de Larnage, que Montesquieu y consacra une partie de sa vie… Mais pour Diderot, toujours cette terrible incertitude…

Il en va ainsi des personnages dont nous vantons l’appartenance à la maçonnerie, de brillants esprits qui ne le doivent d’abord qu’à leur génie propre, et c’est ce que l’Afrique si friand en « loges » et en « grades » sensés « transformer » de façon « magique », le vulgaire en gentilhomme, l’inculte en génie, le scélérat en vertueux, doit comprendre.

Les États modernes occidentaux se sont forgés, et se sont construits pour la plupart, autour de la « méritocratie » au bout d’une histoire tumultueuse (qui n’est absolument pas celle de l’Afrique). Le terme méritocratie » a été forgé par le sociologue Michael Young [1915-2002], au milieu du XXe siècle.

En France, le rapport au mérite, sur un plan politique, est lié à l’héritage de la Révolution française. C’est un principe de légitimation qu’il a été nécessaire de mettre en avant pour justifier la fin des privilèges féodaux et soutenir la montée en puissance politique et économique de la bourgeoisie. C’est l’affirmation qu’il existe une égalité en droit des individus : vision théorique, idéalisée, d’un monde où la réussite n’est plus déterminée par la naissance mais par les efforts de chacun.

« La méritocratie est un principe de légitimation puissant pour les catégories sociales dominantes, qui peuvent proclamer qu’elles ont mérité leur sort. »

Cette fiction (nécessaire) est un principe de légitimation extrêmement puissant pour les catégories sociales dominantes, qui peuvent proclamer qu’elles ont mérité leur sort. Sur cette « fiction » se sont bâties des structures de formation des élites en France tels que Polytechnique et l’ENA (pour ne citer que ces deux-là).

A partir de ce type de structure une cooptation des élites se fait de façon verticale et horizontale. Il est dit par exemple que « La France se caractérise par une stabilité du modèle de formation des élites et par une logique de reproduction particulièrement fortes au regard d’autres pays. Cela tient pour une part au fait que le mode de formation des élites y présente une stabilité relativement grande dans le temps. L’accès aux groupes dirigeants y est, sinon verrouillé, du moins assez fermé à ceux qui ont une formation autre que celle dispensée par les classes préparatoires aux grandes écoles puis par les grandes écoles. »

Cette formation (ou ségrégation des élites) ne dépend absolument pas des fraternités initiatiques (elles ne jouent AUCUN rôle à ce niveau). Lorsqu’un Alain Juppé sort major de sa promotion (lui que Jacques Chirac présentait comme le « meilleur d’entre eux »), il ne le doit pas à la maçonnerie, ni à la magie (ou aux arts occultes), il le doit à une formation précise dans une des écoles les plus cotées dans la formation des élites dirigeantes.

La fable de la toute-puissance « maçonnique » est donc bel et bien une fable qui n’a de consistance qu’en aval. Une fois les élites au pouvoir, elles ont besoin d’un liant ou d’un lien (les réseaux tissés dans les mêmes promotions, au cours de la scolarité ne suffisent pas, alors les organisations de type maçonnique servent de lien, de lieu de recrutement, surtout lorsque ces loges sont clairement identifiées en fonction de la profession ou des origines des membres).

Nos fratres africains doivent donc faire attention et faire la part des choses entre les demandes faites par des personnes n’ayant aucun bagage scolaire personnel leur permettant de briguer un poste majeur de responsabilité (demander à la magie d’accomplir le miracle de transformer un inculte né en président de la république ou en un docteur en astrophysique), et les demandes faites par des personnes au sommet de leur art, mais piégés par un système de cooptation injuste, basé sur l’appartenance à un système bureaucratique militaro-tribaliste.

En tout état de cause, la magie ne peut pas TOUT faire et comprendre ce fait simple c’est commencer à pratiquer la magie en « adulte ».

KX