– Le Livre du Plaisir, p. 48-49
En octobre 1907, Spare monte sa première exposition à la Brutton Gallery de Londres. Le contenu de cette exposition attire alors l’attention d’Aleister Crowley. Une collaboration entre Spare et Crowley s’en suit vers 1908 et Spare est accepté comme « Probationnaire » de l’Argenteum Astrum de Crowley en 1909.
Il contribuera également à la publication de The Equinox en fournissant quatre dessins.
Cette
vision de la magie cérémonielle et de la scène magique en générale est
caractéristique des "adeptes" qui se meuvent dans la sphère
"chaoticienne", et il est important de faire de la pédagogie en la
matière pour éviter bien des incompréhensions. Lorsqu'un "adepte" de
la magie du chaos se présente devant l'antichambre d'un corps magique organisé,
il porte en lui ce regard de Spare sur la magie. Ce regard (ce refus de
l'univers magique dit "classique") parce que non formulé clairement
entraîne des échanges sous forme de quiproquos.
D’après les contempteurs der Spare, son système magique qu’il nomme le «
Kiaïsme » ne plonge ses racines dans aucune autre tradition ; le terme lui-même
est original. Il prend naissance dans son premier livre, Earth Inferno (1905),
et est défini dans The Book of Pleasure (1913).
Le "Kiaïsme" est fondé sur le concept de « Kia » qui
se présente comme une doctrine, une philosophie et une magick axées sur les
signes tangibles et les représentations concrètes des expériences mystiques. La
qualité du « Kia » est définie comme étant « non potentielle ou manifestée » ou
comme « le quantum vierge par l’exubérance duquel nous sommes arrivés à
l’existence ». S’il se trouve d’autres références aux qualités du « Kia
» dans l’œuvre de Spare, il a toujours préféré cependant ne jamais le définir avec
précision, car « moins on en parle (du Kia), et moins il est obscur »!
La réelle difficulté que Spare rencontre pour forger une définition claire du «
Kia » réside dans son immense dégoût pour toute « doctrine » en général qui
l’empêche de construire sur d’autres sources que ses propres écrits.
Peter Carroll, quant à lui, définit le « Kia » en ces termes : « l’unité
qui apparaît à l’esprit afin d’exercer les fonctions jumelles de la volonté et
de la perception est appelée Kia par les magiciens. Parfois, on l’appelle
esprit ou âme ou force de vie ».
L’état suprême dans le Kiaïsme, le « Kia », est posé comme « la liberté absolue
qui, étant libre, est assez puissante pour devenir « la réalité » en toute
liberté à tout moment : par conséquent, il n’est ni potentiel ni manifeste
(sauf comme une possibilité instantanée) par des « idées de liberté » ou par
des « moyens », mais par l’Ego libéré pour le recevoir, étant libéré des idées
à son propos, et en ne croyant pas en lui ».
Le Kiaïsme considère la Croyance et le Désir comme une grande dualité. Dans ce
système, l’Ego est une partie du Moi qui appartient à un Être, tandis que le
Moi comprend tout l’Être. Chaque humain est à la fois volonté et désir. Ce
désir imagine une nouvelle croyance et la croyance, au moyen de la
conceptualisation, émet de nouvelles idées de l’Ego. Spare nomme ces idées les
« ramifications de la croyance » qui forment les différentes personnalités de
l’Ego. Mais la volonté n’est que partielle, la Volonté réside dans le royaume
du Moi, elle appartient au « Kia ».
Question : Sommes-nous, membres de l’OFS aux antipodes du "kiaïsme" ?
1-Éliminons les raccourcis trop faciles qui peuvent découler d'une
interprétation trop littérale de la pensée de Spare (nous lui ferions injure en
n’en comprenant pas l’essentiel) : Nous pratiquons en général (lors de nos
rituels) dans des robes. Je ne sais si elles sont somptueuses, mais nous ne
sommes pas certains que le goût de l’apparat puisse servir de mesure à la
médiocrité magique. Le manque de résultats probants, certainement...
2-Notre amour pour le cérémonial, le rituel, les retraites est intact et
évident. Nous réclamons le maintien de la TRADITION dans ce qu'elle a de
VIVANT, et cette attitude, pour absurde qu'elle paraisse aux yeux des
"modernes" qui ne jurent que par l'Ère du Verseau et par la
"nouveauté de ce qu'apporte cette nouvelle DISPENSATION", est liée à
notre vision cyclique des choses (certains diraient AEONIQUE): "il n' y
rien de nouveau sous le soleil comme le disait déjà l'ECCLESIASTE, tout est
perpétuel recommencement. Le "bond qualitatif" ou
"spirituel" que nous pensons voir est une donnée préexistante à la
race dans son ensemble, il était déjà là. La formulation actuelle de
certaines doctrines magiques se trouve déjà en filigrane dans les formulations
traditionnelles des doctrines antiques.
Ici encore bien que comprenant la pensée de Spare, nous nous écartons de tous
ceux qui déduiraient rapidement que chaque fois qu’un rituel complexe est
exécuté, chaque fois qu’une robe somptueuse est exhibée, la magie perd de son
souffle. Seule l’absence de continuité magique conduit à la sclérose de la
magie, et il est vrai que cette « absence de continuité magique » se rencontre
beaucoup plus dans les TEMPLES DE PIERRE que dans les TEMPLES
NATURELS là où souffle l’Esprit sans aucune entrave, mais quelques
mages des Temples de PIERRE se relient malgré tout à la puissance originelle du
DRAGON. Une précision encore : dans notre vision des choses, le travail
skyclad (NU) en groupe ou en solitaire ne s'oppose pas au travail en robe (tout
est une question d'attitude, de moment).
3-Nous partageons la totalité des BUTS du LIBER KKK de Caroll (présenté comme une alternative à la magie sacrée d'Abramelin le Mage)
Ces
buts n’étant en rien propres à la magie du Chaos, ils sont l’illustration
parfaite de ce que nous affirmons : il existe au-delà de l’attrait des modernes
pour la nouveauté, une « continuité de contact » au niveau de la transmission
magique. Une tradition magique véritable repose donc sur ces piliers, et ceux
qui prétendent en être les héritiers ou les dépositaires, doivent exceller dans
ces 5 domaines :
[Les 5 'conjurations' ou actes magiques classiques:]
A-L'ÉVOCATION est le travail avec des entités d'origine naturelle ou fabriquée.
Celles-ci peuvent être considérées comme des esprits indépendants, des
fragments du subconscient du mage, ou l’égrégore de diverses espèces ou formes
de vies, selon les préférences et les structures de croyance. Dans la pratique,
l'Évocation est utilisée pour l'Enchantement, faisant en sorte que les entités
évoquées créent des effets pour le bénéfice du mage. Les entités peuvent aussi
être évoquées dans les opérations de Divination, quand le magicien les utilise
pour obtenir des informations.
B-La DIVINATION inclue toutes les pratiques lors desquelles le magicien essaie
d'étendre sa perception par des moyens magiques.
C-L'ENCHANTEMENT inclue toutes les pratiques lors desquelles le magicien tente
d'imposer sa volonté à la réalité.
D-L'INVOCATION est la syntonie délibérée de la conscience et de l'inconscient
au moyen de quelque foyer de pensée archétypale ou significative. On a
l'habitude d'employer les conceptions classiques des formes divines Païennes,
mais on peut également se servir d'autres principes. L'Invocation crée des
états d'inspiration ou de possession au cours desquels on peut pratiquer
l'Enchantement, la Divination ou occasionnellement l'Évocation.
E-L'ILLUMINATION est l'auto
modification délibérée au moyen de la magie et peut inclure l'acte de jeter les
sorts d'Enchantement sur soi-même pour réparer les faiblesses et fortifier les
talents, et la pratique de la Divination et de l'Invocation à des fins
d'inspiration et de direction.
Ainsi, toutes les opérations magiques sont basées sur l'usage de la volonté, de
la perception et de l'imagination, ce qui équivaut à dire qu'elles sont toutes
une forme d'Enchantement ou de Divination. L’Imagination est produite lorsque
la volonté et la perception se stimulent l'une contre l'autre...
FIN de la PREMIÈRE PARTIE...
KHEMXNUM






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