Il y a une vingtaine d’années j'ai fait partie d'un groupe de travail de la 4ème voie. Ces extraits que je vous propose sont des entretiens avec le Maître de ce groupe. Ces paroles ne sont donc pas de moi, mais celles de celui qui nous instruisit sur les méthodes de la 4ème VOIE. Pour plus de clarté je vais appeler ce personnage L’ÉVEILLEUR.
L’ÉVEILLEUR :
LES ARCHÉTYPES DE LA MORT ET LEUR FONCTION INITIATRICE
Une des choses qui s’impose à soi lorsque l’on travaille avec les Archétypes de la Mort (Hadès, Perséphone, etc.) est la compréhension que l’on en retire du sens véritable de la vie, du sens réel du Temps et de la souffrance (l’illusion de la souffrance plus précisément). Les divinités de la Mort nous mettent face à nous-mêmes et face à cette question essentielle: "Etes-vous heureux?", « Avez-vous l’éternité devant-vous »
Si vous deviez vous retrouver devant l’Ange de la Mort MAINTENANT que lui répondriez-vous ?
Pour comprendre la profondeur de cette question, il faut que nous nous mettions d'accord sur la signification du mot "bonheur", parce que dans notre enseignement, ce mot a une connotation précise. "Le véritable bonheur consiste à faire partie d'un monde au-delà du relatif, au-delà des formes et du pouvoir de ces formes sur notre vie". Le bonheur ne réside donc pas « essentiellement » (bien que cela soit important), dans la réalisation d’objectifs immédiats qui nous procurent un sentiment de bien-être éphémère, le bonheur dépasse les séquences événementielles de notre vie de tous les jours. C'est en réalité un "point", un "axe" permanent dans notre existence éphémère et changeante.
Le bonheur est toujours là, point de repère alors que les vicissitudes de notre vie modifient perpétuellement notre horizon.
Avez vous observé à quel point dans notre vie les choses, les évènements se modifient sans cesse?
Vous n'avez pas le même visage qu'il y a 10 ans. Même si devant votre glace vous vous "reconnaissez", quelque chose en vous sent bien qu'il ne s'agit pas de la même personne qu'il y a 10 ans. Notre corps fait partie du temps (de l'espace-temps linéaire qui s'écoule et nous donne la perception de l'impermanence, du changement, de l'érosion). Ces changements RÉELS sont importants car une perception de nous-mêmes en découle. Si nous avions la même image qu'il y a 10 ou 15 ans nous appartiendrions à un autre monde. Si par contre devant notre miroir tous les matins nous sommes surpris par ce que nous voyons, cela signifie que nous appartenons à un autre monde.
Une troisième chose: si devant notre miroir nous ne sommes pas surpris parce que en nous voyant, nous sommes exactement comme nous nous imaginons que nous sommes, nous appartenons également à un autre monde (le monde des insouciants ou alors de ceux qui ont accepté avec apaisement les changements du temps sur eux).
Alors en terminant cette première conversation je vous demande de vous poser la question suivante: à quel monde est-ce que j'appartiens?
Krishnamurti parlait de la Mort en ces termes : Pour comprendre la Mort (l’Archétype), non pas verbalement mais en fait, je veux dire pour pénétrer en toute réalité le fait de la mort, on doit se débarrasser de tout concept, de toute spéculation, de toute croyance à son sujet, car toute idée que l’on peut avoir là-dessus est engendrée par la peur. Si nous sommes sans peur, vous et moi, nous pouvons poser correctement la question de la mort. Nous ne nous demanderons pas ce qui arrive « après », mais nous explorerons la mort en tant que fait. Pour comprendre ce qu’est la mort, toute mendicité tâtonnante dans les ténèbres doit cesser. Sommes-nous, vous et moi, dans cette disposition d’esprit qui ne cherche pas à savoir ce qu’il y a « après la mort », mais qui se demande ce qu’est la mort? Voyez-vous la différence? Si l’on se demande ce qu’il y a « après », c’est parce que l’on ne se demande pas ce que c’est. Et sommes-nous en condition de nous poser cette question? Peut-on réellement se demander ce qu’est la mort tant que l’on ne se demande pas ce qu’est la vie? Et est-ce se demander ce qu’est la vie, tant qu’on a des notions, des idées, des théories au sujet de ce qu’elle est? Quelle est la vie que nous connaissons? Nous connaissons l’existence d’une conscience qui se débat sans cesse dans toutes sortes de conflits intérieurs et extérieurs.
Déchirée dans ses contradictions, cette existence est contenue dans le cercle de ses exigences et de ses obligations, des plaisirs qu’elle recherche et des souffrances qu’elle fuit. Nous sommes entièrement absorbés par un vide intérieur que l’accumulation de possessions matérielles, mentales et même « spirituelles » (lorsque cette spiritualité se résume en une attitude schizophrénique de recherche effrénée vers plus de rites à accumuler) ne peut jamais combler. Dans cet état, la question de ce qu’est la mort ne peut pas se poser, parce que la question de ce qu’est la vie ne se pose pas non plus. L’existence que nous connaissons (que nous menons actuellement) est-elle la vie? De même, les explications: résurrection des morts, réincarnation, etc., proviennent-elles d’une connaissance de la mort? Elles ne sont peut être que des projections d’idées que l’on se fait au sujet du fragment d’existence que l’on appelle vie (le dernier espoir que notre égo crée pour ne pas voir s’évanouir toute chance qu’il a de sa propre survie). Mourir à la structure psychologique avec laquelle on s’identifie ; mourir à chaque minute, à chaque journée, à chaque acte que l’on fait, mourir à l’immédiat du plaisir et à la durée de la peine, et savoir tout ce qui est impliqué dans ce mourir, c’est être apte à poser la question : qu’est-ce que la mort?
On ne discute pas avec la mort corporelle. Et pourtant, seuls ceux qui savent mourir d’instant en instant peuvent éviter d’entreprendre avec la mort un impossible dialogue. En cette mort perpétuelle est un perpétuel renouveau, une fraîcheur qui n’appartient pas au monde de la continuité dans la Durée. Ce mourir est création. Création est mort et amour.
*Ajout personnel de KX: Méditez cette phrase des taoïstes: "le changement incessant et universel à sa raison d'être dans l'immuable qui ne se laisse pas discerner, mais lui donne son sens, trouvez l'IMMUABLE".

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